Abstract
Résumé
Cet article analyse les frontières raciales à l’œuvre dans l’industrie française du disque dans les années 1970, au moyen d’une analyse systématique du principal titre de presse professionnelle du secteur, Show Magazine, et d’une étude de cas portant sur le destin inattendu du morceau « Soul Makossa » de Manu Dibango publié 1973. Il propose de décrire cette industrie comme un agencement marchand racialisé, et démontre comment l’exploitation ségréguée des disques de musiciens africains en France est tributaire d’un dispositif économique asymétrique hérité de l’époque coloniale, la « Zone franc », mais aussi d’une culture de production marquée par la blanchité et reléguant l’Afrique dans un angle-mort de l’infrastructure informationnelle du secteur.
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