Abstract
Cet article analyse les aspects les plus réussis du film d’Alain Nahum Des gens qui passent, en tant qu’adaptation fidèle à l’esprit d’Un cirque passe de Modiano. Nahum réussit à créer « le climat Modiano » à travers une attention aux personnages, aux objets, aux couleurs, et à la lumière, entre autres procédés. L’article analyse également des transpositions et des résonances – surtout avec l’univers modianien mais aussi avec Godard. La disparition qui est au cœur de l’histoire est cependant plus complexe dans le roman, et l’aspect familial est moins complet dans le film. Nous analysons ces pertes à travers l’idée de dédoublement. Nous nous penchons également sur la présence importante, quoique subtile, des années noires dans le texte, aspect moins appuyé dans le film. Le poids symbolique du chien, absent du film, est examiné, ainsi que la présence des voitures et du cirque. Suivant l’exemple de Morris et de Nettelbeck, les techniques cinématographiques du roman sont étudiées, surtout celles de la transcription de « scènes », de la surimpression, du fondu, et des sauts temporels. L’article souligne cependant les aspects romanesques de ces techniques telles que Modiano les pratique, ainsi que la relation du narrateur avec les deux arts dont il est passionné : l’écriture et le cinéma.
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