Abstract
Premier film français de mise en scène à être directement consacré à la guerre d’Algérie, Avoir vingt ans dans les Aurès (1972) est à première vue une œuvre gauchement didactique dénonçant l’incorporation psychologique du soldat français ordinaire. Mais au-delà de son ‘message’ pacifiste le film de René Vautier raconte une autre histoire, celle de la lutte pour la libre expression. En revenant sur la production et la réception du film de 1972 et en explorant son utilisation stratégique d’éléments documentaires dans la fiction, le présent article fait apparaître Avoir vingt ans… comme un ‘film de guerre’ à plus d’un titre. Si l’œuvre révèle, par sa mise en scène de sept jours dans la vie d’un commando, les contradictions de la vie militaire auxquelles fut initiée une génération de jeunes Français, elle expose simultanément la situation politico-économique d’un cinéma indépendant qui depuis les débuts des mouvements anti-colonialistes tente de déjouer les pièges de l’État-censeur.
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