Abstract
Cet article se propose d’interroger le discours psycho-corporel dans les publications du bien-être (self-help) qui rencontrent aujourd’hui un vif succès, à travers l’analyse de l’ouvrage de Marie-Lise Labonté, Au cœur de notre corps. A la lumière des observations de Philippe Hamon sur le roman réaliste, nous avons tenté de montrer que sa structure, tout autant que sa présentation du corps et de la maladie, épouse un ordre rhétorique hérité du roman réaliste. Sans être un récit littéraire, ce récit de guérison quasi-miraculeuse partage des préoccupations voisines: nourri de langage reichien et de savoirs intuitifs sur le corps, le récit rejoint un principe organisateur emprunté au roman réaliste — la logique du récit classique, son enchaînement, sa dramatisation tiennent en échec le hasard. Le corps y apparaît transparent, déchiffrable, authentique. Un nouvel imaginaire corporel populaire naît de ces déchiffrements: formaté selon des lois rhétoriques précises, ce discours impose un corps idéalisé, fait rimer maladie avec échec et renvoie ultimement le patient à lui-même.
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