Scientométrie et étude de sciences. Les auteurs ne peuvent être réduits aux textes et les textes ne peuvent se réduire aux auteurs. C'est dans le développement de réseaux complexes de textes et d'auteurs se répondant les uns les autres que la connaissance émerge et qu'elle peut être repérée. L'objet de la scientométrie est l'étude de l'évolution dans le temps de ces réseaux selon toute leur complexité. Pour décrire et/ou mesurer la science afin de rendre visible la connaissance acquise, il faut rendre compte des conditions suivantes: en premier lieu, utiliser des statistiques non-paramétriques car il est difficile d'envisager des paramètres qui rendraient compte de l'apport de connaissance. Cette connaissance n'est donnée et reproduite qu'en termes d'interactions socio-cognitives (le "modèle statique"). En second lieu, ces interactions sont évalués dans leur dimension temporelle selon ce qu'elles signifient par rapport aux institutions d'une part, et en référence au développement cognitif à l'échelon du réseau d'autre part (les "dynamiques de la science"). La médiation entre les deux points de vue a été améliorée par la codification de la science, par exemple en termes de pratiques de citations ou de réalisation de résumés. Cette codification dans plusieurs directions permet d'envisager un développement de systèmes de bases de connaissances auto-organisés.