Abstract
L’article met en lumière des similitudes et en particulier des différences entre la théorie normative des décisions individuelles et celle des décisions collectives. Alors que les décisions individuelles concernent principalement le choix de moyens, les décisions collectives peuvent inclure l’établissement de faits, le choix de moyens et l’adoption de fins. Deux tentatives d’assimiler les décisions collectives aux décisions individuelles sont discutées et rejetées. Selon Rousseau, le but du vote majoritaire est de révéler la volonté générale plutôt que de la déterminer, comme si elle préexistait au processus politique. Des défenseurs du vote fondé sur l’agrégation des prémisses dans le cas du dilemme discursif partagent apparemment cette conception. Elle est pourtant fondée sur des prémisses métaphysiques inacceptables. Selon d’autres, le but de la décision collective est de maximiser l’utilité agrégée, tout comme celui des décisions individuelles est de maximiser l’utilité de l’individu. Cette thèse s’avère mal fondée du fait des problèmes bien connus que posent les comparaisons interpersonnelles des utilités.
This article points to some similarities and, more particularly, the differences between the normative theory of individual and collective decisions. Whereas individual decisions mainly concern the choice of means, collective decisions may involve the establishment of facts, the choice of means, and the adoption of ends. Two attempts to assimilate collective decisions to individual ones are discussed and rejected. According to Rousseau, the task of majority voting is to reveal rather than to determine the general will, as if it existed prior to the political process. Some advocates of premise-based voting in the discursive dilemma seem to hold a similar opinion. This idea is, however, based on unacceptable metaphysical premises. According to other writers, the task of collective decision-making is to maximize aggregate utility, just as that of individual decision-making is to maximize the utility of the individual agent. This notion fails because of well-known problems posed by interpersonal comparisons of utility.
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