Abstract
English
Where violence is monopolized by the state, the social construction of fear often takes the form of the fear of God. Civil society and the fear of God have been subtly interwoven for a long time in Europe and North America. The “democratic transition” has taken the shape in several countries of Latin America of growing civil violence. This violence is no longer openly monitored by the state and seems to arise from unbridled individualism reinforced by neoliberalism. Street gangs and mafia networks are clear signs of this privatized violence. The fear of being killed is also experienced as the danger of falling into a state of indifference towards being a killer oneself; and this gives rise to feelings that verge on a state of “conversion”. These new social constructions of fear help to explain the success of Pentecostalism and, more broadly, of charismatic movements.
French
Là où la violence est monopolisée par l'Etat, la construction sociale de la peur prend souvent la forme de la crainte de Dieu. En Europe et en Amérique du Nord, de subtiles complémentarités se sont longtemps tissées entre société civile et crainte de Dieu. La 'transition démocratique' en Amérique latine s'est concrétisée dans de nombreux pays par un accroissement de la violence civile. Cette violence n'est plus ouvertement contrôlée par l'Etat et semble relever d'un individualisme débridé, renforcé par le néo-libéralisme. Les gangs de rue et les connexions mafieuses sont une manifestation de cette violence privatisée. La peur d'être tué se vit en même temps comme péril de tomber dans une indifférence à tuer soi-même et mobilise l'émotion vers un état de 'conversion'. Ce nouvel imaginaire social de la peur rend en partie compte du succès du pentecôtisme et plus largement des mouvements charismatiques.
