Description générale. En 1998, 11,8% des Québécois de plus de 15 ans présentaient des problèmes de mobilité et 2,3% de cette clientèle exprimaient des besoins non comblés. La même année, la Régie de l'assurance-maladie du Québec a attribué plus de 4500 fauteuils roulants et en a réparé plus de 30000, pour une facture excédent 20 M$. Ces chiffres justifient amplement qu'on s'attarde aux politiques publiques entourant l'attribution des fauteuils roulants. Á cet effet, la valorisation (recyclage) des fauteuils roulants est souvent envisagée comme une solution pour combler des besoins de mobilité à moindre coût. Cet article présente une évaluation d'un programme de valorisation. Méthodologie. Trois groupes ont été recrutés: le personnel du programme d'aides techniques impliqué dans la valorisation de fauteuils roulants (n=9), des utilisateurs de fauteuils valorisés (n=20) et des ergothérapeutes issus d'autres établissements de santé référant des clients (n=5). Résultats. Une approche qualitative auprès du 1er groupe a permis de mettre en évidence plusieurs inefficacités aux plans structurel (ex. ressources insuffisantes pour la collecte des fauteuils inutilisés), opérationnel (ex. absence de normes pour la remise en état des fauteuils), stratégique (ex. absence de politique pour inciter le retour des fauteuils) et systémique (ex. absence d'imputabilité de L'État au niveau des responsabilités). Une approche quantitative auprès des 2e et 3e groupes a permis de révéler un degré élevé de satisfaction pour l'efficacité, l'apparence, la sécurité, la durabilité et le confort des fauteuils ainsi pour le service d'attribution et le suivi post-attribution. Conséquences pour la pratique. La procédure d'évaluation de programme peut être généralisée à d'autres contextes similaires pour que les décideurs documentent rapidement l'efficacité des procédures de valorisation des aides techniques en vigueur dans leur établissement.