Abstract
L’article analyse la représentation de la construction d’un lieu central du pouvoir dans la série télévisée Versailles dans le contexte de la crise de déterritorialisation suite au terrorisme international. Une comparaison de la représentation de la lutte de l’État contre ses adversaires intérieurs et extérieurs à des fictions historiques de la cour du XVIIe et du XVIIIe siècle révèle que les motifs centraux de la série peuvent être reliés à ces fictions, tandis que les différences par rapport à celles-ci sont expliquées par la confrontation de la série avec son propre lieu historique : l’ambivalence par rapport à l’aspect stratégique de la construction du pouvoir central à partir d’une position de fragilité intense ainsi que l’analogie implicite entre les protestants révoltants contre ce pouvoir et le terrorisme islamiste. Dans le contexte des attentats de Paris en 2015, la divergence entre une représentation antipathique des protestants comme traîtres et agents d’une infiltration étrangère dans la première saison de la série (2015) et la représentation sympathique dans la troisième (2018), qui en fait des victimes d’un pouvoir de contrôle excessif et d’une exclusion intolérante, est attribuée à l’évolution des affects contemporains allant d’une condamnation des attaques terroristes à la critique de la réaction politique à ceux-ci et aux reproches d’islamophobie et d’intolérance.
Keywords
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