Abstract
Le Palais du mandarin est un recueil de nouvelles fictives et autobiographiques où, pour la première fois, l’auteure de polars Tran-Nhut abandonne le genre du roman policier historique et le Vietnam du XVIIe siècle pour se tourner vers des histoires de bouche et le Vietnam contemporain. Ce changement de genre littéraire et de cadre spatiotemporel recentre l’espace culinaire vietnamien au cœur d’une problématique récurrente chez l’auteure, celle de (di)gérer le passé colonial de son pays natal. À la lumière de la théorie du yin et du yang, principe d’harmonie dans la cuisine vietnamienne, et des anciens cultes et croyances du peuple vietnamien, cet article montre que c’est la cuisinière qui détient le pouvoir symbolique de réinventer, à travers ses plats équilibrés, un Vietnam précolonial et unifié. Dans cette optique, écrire, comme manger et cuisiner à la vietnamienne, s’avère être pour l’auteure un acte de résistance et de récupération postcoloniales.
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