Abstract
Le propos se décompose en deux temps d’inégale longueur. Il souligne tout d’abord que la force du plaisir romanesque a fait l’objet d’une diabolisation tenace et que sa dénonciation actuelle perpétue un procès en sorcellerie narrative fort ancien, même si les attendus par lesquels l’accusation contemporaine du storytelling module ce réquisitoire, prononcé dès l’invention du roman-feuilleton à la fin des années 1830, sont aujourd’hui ajustés à la réalité éclectique des pratiques culturelles en régime médiatique. De nombreux témoins sont alors appelés à la barre qui attesteront que le dirigisme supposé du storytelling ne saurait rendre compte de la densité et de la complexité anthropologiques du jeu lectoral ou « storyplaying », qui, par delà la ludicité vis à vis de l’architextualité, conjugue fonctions cathartique, cognitive et éthique pour instaurer une médiation symbolique où se construit et se (re)négocie une identité.
Get full access to this article
View all access options for this article.
