Abstract
Résumé
Depuis une dizaine dâannĂ©es, des crĂ©ateurs dâapplications de course Ă pied exploitent les donnĂ©es dâactivitĂ© gĂ©nĂ©rĂ©es par ces dispositifs numĂ©riques, les enrichissent de questionnaires et publient des enquĂȘtes sur les pratiques de leurs utilisateurs. Sâappuyant sur dâĂ©normes quantitĂ©s de donnĂ©es plurielles, lâambition semble de prime abord lĂ©gitime. Plusieurs questions se posent nĂ©anmoins quant au caractĂšre dâautoritĂ© qui tend Ă Ă©maner dâinformations massives dont le volume ne garantit pas la pertinence. En combinant analyse documentaire et entretiens, nous nous sommes penchĂ©s sur la validitĂ© mĂ©thodologique de ces Ă©tudes, ainsi que sur lâapport subsidiaire de ces big data par rapport aux enquĂȘtes socio-dĂ©mographiques sur les pratiques sportives. Ce travail empirique met en Ă©vidence dâimportantes fragilitĂ©s en termes de rigueur et de reprĂ©sentativitĂ©, ainsi que des effets de rĂ©vĂ©lation limitĂ©s au regard des connaissances prĂ©existantes. Cela nâaltĂšre guĂšre la croyance dans le potentiel informatif des big data, considĂ©rĂ©es comme parlantes en vertu de leur dimension massive. Elles permettent une surinterprĂ©tation empreinte de performativitĂ©, rĂ©vĂ©lant la facette info-communicationnelle de data devenant support de processus narratifs soulignant la rupture et la nouveautĂ©. Se positionner comme une ressource, voire une rĂ©fĂ©rence en termes dâĂ©tudes, de statistiques et de donnĂ©es de marchĂ© sur la course Ă pied et ses (r)Ă©volutions prend le dessus sur la fiabilitĂ© des analyses et la prudence interprĂ©tative. DĂšs lors, disposer de chiffres volumineux, assĂ©ner leur robustesse, puis y adosser des descriptions amplifiant les Ă©volutions rĂ©elles conduisent Ă endosser lâĂ©lĂ©gant costume de descripteur pionnier de tendances lourdes de changement.
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