Abstract
Objectives
This study aims to validate the French version of the Brief Negative Symptom Scale (BNSS) by assessing its psychometric properties in a population of patients with schizophrenia or schizoaffective disorder.
Methods
73 patients with schizophrenia or schizoaffective disorder were included. Participants were evaluated using the BNSS, the Positive and Negative Syndrome Scale (PANSS), and the Self-Evaluation of Negative Symptoms (SNS). The internal consistency of the BNSS was measured using Cronbach's alpha, structural validity was assessed through exploratory factor analysis, and construct validity was evaluated with Spearman correlations between BNSS scores, the negative subscale of the PANSS, the total SNS score, the positive subscale of the PANSS, and PANSS items evaluating insight and depressive mood.
Results
The internal consistency of the BNSS was excellent (Cronbach's alpha = 0.93). Exploratory factor analysis revealed two factors corresponding to the motivational and expressive dimensions of negative symptoms. Significant positive correlations were found between total BNSS scores and the negative subscale of the PANSS (Rho = 0.77; p < 0.001), as well as with SNS scores (Rho = 0.55; p < 0.001). No correlation was observed between total BNSS scores and the positive subscales of the PANSS (Rho = 0.09; p = 0.41). However, significant positive correlations were noted with the PANSS item assessing depression (Rho = 0.28; p = 0.015) and insight (Rho = 0.43; p < 0.001).
Conclusion
The French version of the BNSS has demonstrated strong psychometric properties and is suitable for clinical and research use.
Plain Language Summary Title
Validation d’une échelle d’évaluation des symptômes négatifs, la « Brief Negative Symptom Scale » (BNSS)
Plain Language Summary
Cette étude vise à valider l’échelle brève des symptômes négatifs (BNSS) évaluant cinq dimensions de la symptomatologie négative (réduction de motivation, de plaisir, des affects, du discours et retrait social). Pour ce faire, 73 patients souffrant de schizophrénie ou de troubles schizo-affectifs ont été évalués à l’aide de plusieurs outils recouvrant les différents types de symptômes de la maladie. Des analyses statistiques ont été réalisées pour: 1) vérifier que tous les items de la BNSS sont homogènes entre eux et évaluent le même concept, 2) définir comment les items de l’échelle se regroupent en différentes dimensions, 3) vérifier les relations entre les scores de la BNSS et ceux d’autres outils de référence dans l’évaluation de la symptomatologie négative et 4) montrer que la BNSS est discriminante par rapport à d’autres types d’outils évaluant des symptômes autres que les dimensions négatives. Nos résultats ont montré que: 1) Les items de la BNSS sont homogènes et évaluent le même concept; 2) Les items de la BNSS se regroupent en deux dimensions qui sont la motivation et la diminution de l’expressivité émotionnelle; 3) Les scores de la BNSS sont corrélés à ceux d’autres outils de référence de l’évaluation de la symptomatologie négative; 4) La BNSS est bien discriminante vis-à-vis d’autres dimensions symptomatiques de la maladie. En conclusion, la version française de la BNSS est valide en raison de ses bonnes qualités psychométriques. Elle peut donc être utilisée dans une population francophone tant en clinique qu’en recherche.
Introduction
Les symptômes négatifs sont fréquents chez les personnes souffrant de schizophrénie1,2 et altèrent de façon significative leur qualité de vie. 3 Ils comprennent l’avolition, l’anhédonie, le retrait social, l’alogie et l’émoussement affectif, qui peuvent être regroupés en deux dimensions motivationnelle et expressivité. 1 La difficulté du repérage des symptômes négatifs et l’absence de consensus sur leurs caractérisations ont conduit au développement d’outils tel que la Brief Negative Symptoms Scale (BNSS), 4 récemment recommandée par l'Association Psychiatrique Européenne. 5
Validée initialement en anglais américain puis dans plusieurs pays,6–17 la BNSS a démontré de bonnes propriétés psychométriques.4,18 Une étude européenne, incluant des données collectées en France, 19 a validé la BNSS à un niveau pan-européen. Toutefois, bien que cette étude ait confirmé les propriétés psychométriques de la BNSS dans différents contextes linguistiques, elle n’a pas spécifiquement évalué sa version française. Or, malgré l’existence d’une traduction française validée, aucune étude n’a encore vérifié ses propriétés psychométriques au sein d’une population uniquement française, étape essentielle pour garantir son adéquation et sa fiabilité dans ce contexte linguistique et culturel.
Cette étude a donc pour objectif d’évaluer les propriétés psychométriques de la BNSS, en testant sa consistance interne, sa validité structurelle et sa validité de construction, au sein d'une population française de patients souffrant de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif.
Méthodes
Population
Soixante-treize patients, ayant reçu un diagnostic de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif, ont été sélectionnés à partir de populations issues de protocoles de recherche menés dans les centres hospitaliers de Caen et de Rouen, en France (Maintstim, TBS-COG, Stimzo, Clozarest et PEPSY). Les patients ont été inclus s’ils répondaient aux critères suivants: (i) diagnostic de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif confirmé par le Mini-International Neuropsychiatric Interview (MINI), 20 (ii) avoir bénéficié d’une évaluation clinique par la Brief Negative Symptom Scale (BNSS), 4 la Positive And Negative Syndrom Scale (PANSS) 21 et par la Self-Evaluation of Negative Symptoms (SNS). 22 Chaque protocole a fait l’objet d’une approbation par le comité de protection des personnes (CPP) et du recueil d’un consentement éclairé.
Evaluations
Tous les patients ont bénéficié d’une évaluation clinique avec un psychiatre entrainé, ayant bénéficié d’une formation incluant des vidéos explicatives, des exercices pratiques de cotation et l’évaluation d’enregistrements de patients fictifs (6 évaluateurs). Cette évaluation comprenait les outils suivants:
La BNSS, développée par Kirkpatrick et al. (2011),
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inclut un manuel, une feuille de score et un cahier de passation. Le manuel définit les termes utilisés dans l'échelle, fournit des points de référence pour chaque item, et donne des instructions pour un entretien semi-structuré incluant des questions suggérées. Le cahier de passation inclut les questions et les points de référence, et est conçu pour servir de guide à l'évaluateur pendant l'administration. La BNSS évalue la symptomatologie négative à travers 13 items, regroupés en 6 dimensions: anhédonie (items 1 à 3), détresse (item 4), asocialité (items 5 et 6), avolition (items 7 et 8), émoussement affectif (items 9 à 11) et alogie (items 12 et 13). La dimension motivationnelle est représentée en additionnant les sous-scores évaluant l’anhédonie, l’avolition et l’asocialité. La dimension expressivité résulte de l’addition des sous-scores alogie et émoussement affectif. Chaque item est noté entre 0 (absence du symptôme) et 6 (extrêmement sévère) avec un score total de l’échelle variant entre 0 et 78. La traduction de la BNSS en français (disponible sur demande à Sonia Dollfus) a suivi le processus requis pour une bonne validation
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et la version française retraduite en anglais américain a été approuvée par l’auteur (B. Kirkpatrick). La PANSS
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est constituée de 30 items, répartis en trois sous-échelles: positive (7 items), négative (7 items), et psychopathologie générale (16 items). Chaque item est noté sur une échelle variant de 1 (aucun symptôme) à 7 (sévérité extrême) avec un score total compris entre 30 et 210. Tous les items sont accompagnés d’une définition complète et de critères de référence détaillés représentant des niveaux croissants de sévérité pour chaque symptôme. La SNS
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(disponible sur demande à Sonia Dollfus) est une échelle d’auto-évaluation incluant 20 items évaluant les 5 domaines de la symptomatologie négative au travers de 5 sous-scores: retrait social (items 1 à 4), diminution du ressenti émotionnel (items 5 à 8), alogie (items 9 à 12), avolition (items 13 à 16) et anhédonie (items 17 à 20). La dimension motivationnelle est représentée en additionnant les sous-scores évaluant l’anhédonie, l’avolition et le retrait social. La dimension expressivité résulte de l’addition des sous-scores alogie et diminution du ressenti émotionnel. Pour chaque item, le patient doit mettre une croix dans une des cases « complétement d’accord » (correspondant à un score de 2), « un peu d’accord » (correspondant à un score de 1) ou « pas du tout d’accord » (correspondant à un score 0). Le score total est compris entre 0 (absence de symptômes négatifs) et 40 (symptômes négatifs sévères).
Analyses Statistiques
Les caractéristiques sociodémographiques et cliniques des patients ont été décrites à l’aide des statistiques usuelles: moyenne, écart-type, médiane, valeur minimale et maximale et intervalle de confiance pour les variables quantitatives et par la fréquence pour les variables qualitatives.
Pour valider la version française de l’échelle, les propriétés psychométriques des 13 items de la BNSS ont été analysées selon 3 critères de la méthodologie COSMIN:
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(1) consistance interne, (2) validité structurelle et (3) validité de construction. Toutes les valeurs de p < 0,05 ont été considérées comme significatives. Les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel Jamovi version 2.2.5.
Consistance interne: la consistance interne de la BNSS a été évaluée à l’aide du coefficient α de Cronbach pour le score total et les différents sous scores. Une valeur de ce coefficient ≥ 0,70 est nécessaire pour considérer la consistance interne d’une échelle comme acceptable.
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Validité structurelle: Une analyse factorielle exploratoire a été réalisée en suivant la même procédure statistique que celle utilisée par les développeurs de l’échelle.
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Les facteurs ont été extraits à l’aide de la méthode des axes principaux et soumis à une rotation oblique de type promax. Le nombre optimal de facteur a été déterminé en utilisant les valeurs propres supérieures à 1 et les critères du «scree plot». Les items avec des charges élevées (>0,40) ont été utilisés pour interpréter les facteurs. L'adéquation de l'échantillonnage a été évaluée à l'aide de l'indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO), qui varie de 0 à 1. Une valeur proche de 1 indique que l'analyse factorielle devrait générer des facteurs distincts et fiables. Les valeurs KMO sont classées comme suit: entre 0,7 et 0,8 (bonnes), entre 0,8 et 0,9 (très bonnes), et supérieures à 0,9 (excellentes). Le test de sphéricité de Bartlett a également été réalisé pour vérifier si la matrice de corrélation différait significativement d'une matrice identité, ce qui est essentiel pour la validité de l’analyse factorielle. Un résultat significatif (p < 0,05) au test de Bartlett permet de rejeter l'hypothèse nulle. En combinant ces deux tests, on établit un critère minimal d'adéquation pour l'analyse factorielle. Validité de construction: pour évaluer la validité convergente, des corrélations de Spearman ont été réalisées entre les scores totaux de la BNSS et ceux de la SNS et de la sous-échelle négative de la PANSS. Des corrélations ont également été recherchées entre les sous-scores de la BNSS (anhédonie, asocialité, avolition, émoussement affectif et alogie) et ceux de la SNS. De plus, des corrélations ont été examinées entre les dimensions motivationnelles (anhédonie, avolition, asocialité) et expressivité (émoussement affectif et alogie) de la BNSS et les dimensions correspondantes de la SNS. Enfin des corrélations ont été explorées entre les dimensions de la BNSS (asocialité, avolition, alogie, émoussement affectif) et les items correspondants de la PANSS (évitement social actif (item G16); repli social, passivité, apathie (item N4); manque de spontanéité et diminution du flux verbal (item N6); émoussement affectif (item N1)). Afin d’explorer la validité discriminante de la BNSS des corrélations ont été examinées entre le score total de la BNSS et (i) les scores de la PANSS de la sous-échelle positive, (ii) ainsi que ses sous-items dépression (item G6) et (iii) insight (item G12).
Résultats
Caractéristiques de L’échantillon
Les caractéristiques cliniques et sociodémographiques des patients ont été décrites dans le Table 1.
Caractéristiques Sociodémographiques et Cliniques des Patients (N = 73).
*BNSS: Brief Negative Symptom Scale; IC 95%: Intervalle de Confiance à 95%; Min: Minimum; Max: Maximum; PANSS: Positive And Negative Syndrome Scale; SNS: Self Evaluation of Negative Symptoms.
Consistance Interne
La consistance interne de la BNSS est excellente comme en témoignent les coefficients α de Cronbach pour l’ensemble des 13 items (α = 0,93; N = 73), ainsi que pour les différents sous-scores: anhédonie (α = 0,88; N = 73), asocialité (α = 0,81; N = 73), avolition (α = 0,84; N = 73), émoussement affectif (α = 0,89; N = 73) et alogie (α = 0,90; N = 73).
Validité Structurelle
L’adéquation de l’échantillonnage est considérée comme très bonne (KMO = 0,88 et test de sphéricité de Bartlett X2 (78) = 688; p < 0,001). L’analyse initiale montre que 2 facteurs ont des valeurs propres supérieures à 1 (Figure 1), expliquant 60,8% de la variance totale, tous les items ayant atteint une charge supérieure à 0,4. Le facteur 1, expliquant 33,3% de la variance totale, reflète la dimension motivationnelle des symptômes négatifs. Il inclut les items relatifs à l’intensité et à la fréquence du plaisir au cours des activités (items 1 et 2), l’intensité du plaisir attendu lors des activités futures (item 3), la détresse (item 4), l’asocialité comportement et expérience interne (items 5 et 6) et l’avolition comportement et expérience interne (items 7 et 8). Le facteur 2, expliquant 27,5% de la variance totale, est relatif à la dimension expressivité des symptômes négatifs. Il comprend les items expression faciale (item 9), vocale (item 10), gestuelle (item 11), la quantité de parole (item 12) et l’élaboration spontanée (item 13). Les résultats de l’analyse factorielle exploratoire sont reportés dans le Table 2.

Scree plot.
Analyse Factorielle Exploratoire de la BNSS (N = 73).
Validité de Construction
Concernant la validité convergente, des corrélations positives et significatives ont été observées entre le score total de la BNSS et le sous-score négatif total de la PANSS (Rho = 0,77; p < 0,001), ainsi qu'avec le score total de la SNS (Rho = 0,55; p < 0,001). Des corrélations positives ont également été identifiées entre les dimensions spécifiques des symptômes négatifs évaluées par la BNSS et celles équivalentes de la SNS: avolition (Rho = 0,37; p = 0,002), asocialité (Rho = 0,44; p < 0,001), anhédonie (Rho = 0,56; p < 0,001), alogie (Rho = 0,36; p = 0,002), la dimension motivationnelle (Rho = 0,59; p < 0,001), et la dimension expressivité (Rho = 0,37; p = 0,001). En revanche, aucune corrélation n'a été mise en évidence entre l'émoussement affectif, évalué par la BNSS, et la diminution du ressenti émotionnel mesurée par la SNS (Rho = 0,16; p = 0,19). Enfin, des corrélations positives ont été observées entre les scores des dimensions négatives de la BNSS et les items correspondants de la PANSS: avolition (Rho = 0,62; p < 0,001), asocialité (Rho = 0,30; p = 0,009), alogie (Rho = 0,77; p < 0,001) et émoussement affectif (Rho = 0,80; p < 0,001).
L’absence de corrélations significatives entre le score total de la BNSS et le sous-score positif total de la PANSS (Rho = 0,09; p = 0,41) témoigne d’une bonne validité discriminante. Toutefois, des corrélations positives significatives ont été retrouvées entre le score total de la BNSS et l’item dépression (Rho = 0,28; p = 0,015) et insight (Rho = 0,43; p < 0,001) de la PANSS.
Discussion
Cette étude démontre une excellente consistance interne et de bonnes validités structurelles et de construction de la version française de la BNSS.
Nos résultats montrant l’excellente consistance interne évaluée par le coefficient α de Cronbach est en accord avec les résultats des développeurs de l’échelle. 4
La validité structurelle testée à l’aide d’une analyse factorielle exploratoire révèle deux facteurs correspondant aux dimensions motivationnelle et expressivité de la symptomatologie négative, 1 ce qui concorde avec plusieurs autres études émanant de différents pays.4,7,8,10,13,18 Toutefois, la taille relativement réduite de notre échantillon pourrait avoir conduit à une sous-estimation du nombre de composantes de la BNSS. En effet, l’étude européenne de Mucci et al. (2019) 19 a testé la pertinence d’un modèle à cinq facteurs. Néanmoins, l’utilisation d’un modèle hiérarchique, qui regroupe ces domaines en deux dimensions plus larges, peut s’avérer aussi pertinent, notamment lors des essais thérapeutiques. 26 Dans notre étude, l’item « manque de détresse normale » est associé à la dimension motivationnelle, mais avec un poids modéré (0,43). Les résultats de la littérature concernant cet item sont hétérogènes, avec parfois un poids insuffisant pour être inclus dans les deux facteurs de l’échelle4,7,10 ou avec une appartenance à la dimension expressivité.8,18 La prise en compte de cet item pour décrire la symptomatologie négative reste débattue. Certains auteurs soulignent son intérêt pour identifier les symptômes négatifs primaires27,28 tandis que d’autres ont suggéré de l’exclure s’appuyant sur une structure factorielle des 12 items de la BNSS (sans cet item ‘manque de détresse normale') conforme aux cinq dimensions de la symptomatologie négative.15,17,19
Enfin, la validité de construction de l’échelle a été soutenue par une validité convergente observée à travers des corrélations avec les scores de la sous échelle négative de la PANSS et de la SNS. Des corrélations ont également été trouvées entre les dimensions anhédonie, avolition, asocialité et alogie de la BNSS et celles correspondantes de la SNS. Par ailleurs, des corrélations significatives ont été identifiées entre les dimensions de la BNSS (avolition, asocialité, alogie, émoussement affectif) et les items correspondants de la PANSS, qui, bien qu’étant un outil d’hétéroévaluation de référence très utilisé en pratique courante, a montré ses limites pour l’évaluation spécifique de la symptomatologie négative. 5 L’absence de corrélation retrouvée entre la diminution du ressenti émotionnel mesuré par la SNS et l’émoussement affectif évalué par la BNSS peut être expliquée par le fait que la BNSS se concentre sur les manifestations expressives de l’émotion, tandis que la SNS évalue plutôt la perception subjective de la capacité à ressentir les émotions. Concernant la validité discriminante, la version française de la BNSS ne montre pas d’association avec la symptomatologie positive. Toutefois, des corrélations sont retrouvées avec la symptomatologie dépressive évaluée avec l’item dépression de la PANSS. Cette association, souvent observée dans les évaluations psychométriques d’outils d’autoévaluation22,29 ou d’hétéroévaluation de la symptomatologie négative,30,31 pourrait s’expliquer par la présence de symptômes négatifs secondaires à certaines caractéristiques spécifiques de la dépression, telles que le manque d'énergie, l'amotivation, la diminution de l'intérêt, l'anhédonie et le ralentissement psychomoteur.32,33 Cependant, étant donné que l’évaluation de la dépression n’a pas été réalisée avec une échelle spécifique, telle que la Calgary Depression Scale for Schizophrenia, 34 des études supplémentaires seraient nécessaires pour explorer cette relation.
Quelques limites de cette étude peuvent être soulevées. La fidélité inter-juges n’a pas été effectuée, mais la plupart des évaluateurs ont suivi une formation standardisée comprenant des vidéos, des exercices de cotation et l’évaluation d’enregistrements de patients fictifs pour assurer la cohérence dans l’utilisation des outils. Le nombre de patients inclus dans la présente étude, pourrait remettre en cause la robustesse des résultats, mais a cependant permis d’obtenir une validité de l’analyse factorielle. Des outils d’évaluation de la dépression et de l’insight auraient été préférables aux deux items utilisés de la PANSS mais l’absence de corrélation entre les scores de la BNSS et de la sous-échelle positive de la PANSS reste en faveur d’une bonne validité discriminante. Les futures études de validation de la version française de la BNSS devront prendre en compte ces différents points et évaluer la sensibilité au changement, telle qu’elle a été démontrée lors d’une étude américaine. 4
Conclusion
La version française de la BNSS ayant de bonnes propriétés psychométriques est un outil adapté et recommandé 5 pour évaluer la symptomatologie négative chez les personnes souffrant de troubles schizophréniques. En effet, cette échelle clinique offre une approche globale et précise des cinq domaines de la symptomatologie négative, en distinguant clairement l'expérience interne du comportement dans l'évaluation de l'avolition et de l'asocialité, ainsi que les notions de plaisir consommé et anticipé.
Footnotes
Contributions des Auteurs
Declaration of Conflicting Interests
The authors declared no potential conflicts of interest with respect to the research, authorship, and/or publication of this article.
Funding
The authors disclosed receipt of the following financial support for the research, authorship, and/or publication of this article: This work was supported by the RHU Psycare, (grant number Grant/ANR-18-RHUS-0014).
