Abstract
Cet article tente d’éclairer les motivations des préférences électorales et politiques des Argentins pendant la deuxième moitié du XXe siècle en analysant les perceptions des ‘gens du commun’, c’est-à-dire, des personnes éloignées des lieux gouvernementaux de prise de décision. Les analyses des sciences sociales sur les processus politiques de l’histoire de l’Argentine sont ici confrontées avec les perceptions des individus qui font appel à leur mémoire de vote et à la façon dont ils se souviennent avoir vécu différents événements, ainsi qu’à leur évaluation personnelle quant à l’importance de leur participation électorale. Les témoignages des protagonistes de ‘l’histoire d’en bas’ donnent à voir des opinions — ou parfois des évocations — sur la politique et les hommes politiques de la période 1946—2001. Ils expriment des sentiments ou des émotions qui permettent de compléter, nuancer, confronter ou encore mettre en tension les interprétations historiographiques avec lesquelles ils sont mis en dialogue. Ces différents protagonistes ont tous pris une position plus ou moins tranchée par rapport aux partis politiques ou aux gouvernements dont ils ont été contemporains et surtout, au clivage péronisme/anti-péronisme qui, de 1946 à nos jours, a parcouru l’histoire de l’Argentine.
This article aims to illuminate the reasons for Argentine electoral and political preferences in the second half of the 20th century using case studies of the perceptions of ‘ordinary people’, in other words those at a distance from the places where government decisions are made. Social-scientific analyses of the political processes of Argentine history are compared with people’s recollections of these experiences as well as their personal evaluation of the importance of their own participation in elections. Testimonies from these protagonists of ‘history from below’ reveal opinions — or evoke an atmosphere — that conjures up the times, the policies and the politicians of the period 1946 to 2001. The feelings or emotions expressed make it possible to complete, clarify, compare or even call into question the historical interpretations with which they were brought into dialogue. All of the protagonists take a relatively clear-cut line on the political parties or governments with which they were contemporaneous and, above all, on the Peronism/antiperonism split that has permeated Argentine history from 1946 to the present day.
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