Abstract
This article seeks to identify the main characteristics of electoral studies, using a religious salience measure, and to test several plausible explanations for the variation in the reported effect of religious salience on electoral behaviour. It builds upon an original dataset that contains 244 articles on the topic published in social sciences journals between 1956 and 2012. Variation in the reported effect of religious salience on electoral behaviour is documented and traced back to different ways of linking orientation to action at the voter level. A few electoral studies are chosen to exemplify the challenges met, while others are probed to help envision challenges ahead. Among these is the need for more relevant measures of the potential impact of religion on electoral behaviour at the voter level.
Many people who seek religious guidance from prayer and consultation with fellow believers to help make personal ethical decisions will follow these avenues when they must make political choices. Perhaps most important, religious premises that pervade one’s view of social reality and justifiable human actions will almost certainly affect what one thinks the government should do. (Greenawalt, 1987: 34)
Introduction
Les conséquences pratiques des croyances et de l’engagement religieux individuel sur la conduite de la vie ont de longue date fait l’objet d’analyses en sciences sociales. Si pour certains, comme l’auteur de la citation en ouverture de cet article, les croyances religieuses ont des effets qui débordent la sphère proprement religieuse, pour d’autres, on assisterait à une compartimentation des sphères d’investissement des individus qui les rendraient étanches les unes aux autres (Dobbelaere, 1999 : 241-242). L’une de ces sphères est celle du comportement électoral. Que sait-on de l’effet de la religion sur cette dimension de la vie des citoyens ? À l’heure où les opinions publiques se polarisent sur la question religieuse, il n’est pas sans intérêt de chercher à y voir plus clair.
Les études électorales traitant de religion cherchent toutes à établir l’existence et, le cas échéant, à estimer la magnitude de l’effet de l’engagement religieux sur les comportements électoraux. Si certaines d’entre elles prennent explicitement en compte une mesure d’importance auto-déclarée de la religion (IA-DR), d’autres travaillent à partir d’indicateurs plus éloignés des conséquences pratiques de la religion des électeurs. De quelle manière expliquer la variation existante quant à la régularité avec laquelle les articles électoraux traitant de la religion prennent en compte une mesure d’IA-DR ? Telle est la question préalable à examiner.
Le second objectif de l’article est, conformément à ce qui est généralement attendu d’une revue de la littérature, de rendre compte de l’effet d’une cause supposée (Petticrew et Roberts, 2006 : 45-48). Il s’agit pour nous d’analyser, parmi les études recensées, la variation observable dans l’effet rapporté des mesures d’IA-DR sur les comportements électoraux individuels et de mettre cette variation en lien avec de potentiels facteurs explicatifs.
L’article comporte cinq parties. La première s’attache au contexte théorique des mesures d’IA-DR et à la formulation du problème de recherche. Suivra l’énoncé d’hypothèses réfutables pour chacune des deux sources de variation analysées. La description de la base des données constituée occupera la troisième partie tandis que la présentation du résultat des analyses statistiques effectuées formera la suivante. Une discussion des résultats obtenus et de leur portée précédera la conclusion.
Les mesures d’IA-DR dans les études électorales
Les études électorales traitant de religion ont traditionnellement tendance à recourir aux mesures d’affiliation religieuse (appartenance à une dénomination) et de régularité de fréquentation d’un lieu de culte (Esmer et Pettersson, 2007 : 492 ; Jelen, 1998 : 115 ; Segatti et al., 2011 : 20-21). Cette tendance est très clairement repérable dans le graphique 1 qui détaille la fréquence d’utilisation des diverses mesures de religion relevées dans notre recension des études électorales 1 . Les mesures d’affiliation et de régularité de fréquentation d’un lieu de culte apparaissent bien comme étant les plus utilisées dans ces études.

Distribution en pourcentage des mesures de la religion dans notre échantillon d’études électorales (N=244).
Si ces mesures nous renseignent sur l’adhésion nominale et comportementale à une certaine tradition religieuse (Green et Guth, 1993 ; Hervieu-Léger, 1993 ; Kellstedt et Green, 1993 ; Wald et al., 1993), plusieurs travaux ont indiqué les désavantages liés à leur prise en compte exclusive (Alwin et al., 2006 : 531-532). Ainsi, la mesure d’appartenance présenterait un double inconvénient : au niveau individuel, elle serait peu transparente quant à la signification accordée par les répondants à leur affiliation (Segatti et al., 2011 : 20); au niveau collectif, celui des dénominations, le désavantage serait de masquer les courants et autres variations intra-confessionnelles (Alwin, 1986 ; Wuthnow, 1988). La variable d’affiliation religieuse a été principalement utilisée dans des études cherchant à montrer l’existence d’un clivage religieux et à en mesurer la magnitude (Elff, 2007 ; Knutsen, 2004 ; Lijphart, 1971 ; Rose et Urwin, 1969). Le problème est l’érosion du clivage religieux dans les pays occidentaux, en tout cas si l’on sous-entend que la notion de « clivage » implique l’existence de groupes dotés d’une conscience collective de leur commune appartenance et d’organisations politiques, tels des partis confessionnels relayant cette conscience collective sur le terrain électoral (Segatti et al., 2011 : 5).
La régularité de la fréquentation d’un lieu de culte est également quelque peu problématique. Si elle reflète bien l’implication religieuse de certaines catégories de répondants, elle ne permet pas de distinguer la pratique pour des motifs religieux de la pratique pour d’autres raisons (Brewer, 2003 : 69). La fréquentation ne mesure donc qu’une infime partie de ce que produit la modernité religieuse (Esmer et Pettersson, 2007 : 492).
Les limites inhérentes à ces deux mesures ne signifient pas qu’elles doivent être écartées des recherches électorales. Toutefois, compte tenu de l’individuation relative du phénomène de la religiosité (Hervieu-Léger, 1993, 2001 ; McGuire, 2008), il semblerait logique d’y suppléer pour ce qui a trait à l’incidence portée du choix et de l’autonomie. En un mot, de mettre l’accent sur des mesures mieux ciblées et plus fidèles des conséquences pratiques envisageables des croyances et de l’engagement religieux sur la conduite de la vie politique. Plus précisément, les modèles contemporains du vote auraient avantage à intégrer une notion subjective de la religiosité (Esmer et Pettersson, 2007 : 493) et à repenser l’économie de la « saillance de la religion ».
Qu’en est-il du dialogue croisé à ce sujet entre les spécialistes de la question religieuse et ceux de la question électorale ? C’est ce que nous avons d’emblée cherché à savoir au moyen d’une revue de la littérature des études électorales. Laquelle recension exige, en guide de préliminaire, une distinction entre les notions de « saillance générale » et de « pertinence de la religion ».
De manière générale, on peut définir l’IA-DR ou « saillance » comme consistant en l’importance qu’un individu attache à être religieux (Roof et Perkins, 1975 : 111). Il s’agit d’un indicateur individuel subjectif d’appartenance à la religion (Roberts, 1998). Lorsqu’elle est affirmée sans précision d’un domaine où elle s’appliquerait, la force de l’implication religieuse d’une personne est dite « générale » (general salience) (Guth et Green, 1993 : 158). Lorsque l’on veut désigner le fait pour un individu de ressentir et de percevoir la manière dont sa foi ou ses croyances contribuent à la formation de ses opinions ou à la prise de décisions concrètes 2 , on parle alors de « pertinence de la religion » (religious relevance).
Si pour quiconque s’intéresse à une attitude, opinion ou comportement particulier, la « pertinence de la religion » semble une mesure plus directe et plus précise que celle de la « saillance générale », elle est considérablement plus rare dans les études électorales 3 . La distinction est plus qu’académique, car il est concevable et possible pour des répondants d’affirmer l’importance de la religion dans leur vie d’une manière générale, mais sans en voir l’application à des domaines précis (Guth et Green, 1993 : 158).
Le débat sur l’affinement de la mesure d’IA-DR redouble un questionnement d’ordre théorique quant au statut de la variable. Les études politiques utilisant une mesure d’IA-DR recourent comme nous venons de le voir le plus souvent à une mesure de « saillance générale ». Parmi elles, on relève deux spécifications distinctes du rôle de l’IA-DR sur les comportements et attitudes politiques. Soit le rôle de variable indépendante mis en exergue par Guth et Green (1993 : 158-159), à incidence sur un comportement politique ou une attitude politique (Berger, 1982 ; Inglehart, 1990 ; Marsh et Kaase, 1979 ; Norris et Inglehart, 2011 : 202-203). Dans cette optique, l’attachement à des croyances ou à une tradition religieuse est présumé influencer le comportement électoral ou l’attitude politique davantage que le contenu de ces croyances ou de cette tradition. Soit par ailleurs, dans le sillage de Glock et Stark (1965), l’IA-DR est vue comme une variable intermédiaire. À ce titre, elle est censée interagir avec les variables religieuses traditionnelles telles les croyances, les pratiques ou l’appartenance à une dénomination pour affecter les attitudes ou comportements politiques individuels (Gibbs et al., 1973 ; Kellstedt et al., 1991).
La prise en compte du point de vue de l’électeur est un incontournable des études consacrées au scrutin et au vote. Il s’ensuit que l’IA-DR forme un enjeu de taille pour ce qui est de l’appréciation du « facteur religieux ». Quelle place les mesures d’IA-DR occupent-elles dans ce domaine de recherche et quel serait le profil type des études électorales offrant les meilleures pistes d’appréciation ? S’agissant par ailleurs des effets rapportés de l’IA-DR sur les comportements électoraux, quelles explications de la variation observable peut-on dégager de l’examen des travaux publiés ?
Les graphiques 2 et 3 ci-dessous illustrent ces deux sources de variation à expliquer. Sur un plan purement descriptif, nous remarquons d’après le graphique 2 que la part des études électorales s’intéressant à la religion, mais ne comportant pas de mesure d’IA-DR est environ quatre fois supérieure à la part des études similaires comportant une telle mesure. Nous observons par ailleurs d’après le graphique 3, qu’un effet nul ou mixte de l’IA-DR sur le comportement électoral est presque aussi souvent rapporté qu’un effet significatif.

Distribution (en pourcentage) des articles recensés en fonction de la présence ou de l’absence d’une mesure d’importance auto-déclarée de la religion (IA-DR).

Distribution de fréquence des articles recensés en fonction de l’effet rapporté de la mesure d’importance de la religion sur le comportement électoral (N=46).
Les hypothèses de recherche
Les hypothèses relatives à chacune de nos deux variables dépendantes (prise en compte d’une mesure d’IA-DR et type d’effet rapporté de l’IA-DR sur les comportements électoraux) sont présentées successivement.
Les quatre catégories d’hypothèses explicatives de la prise en compte d’une mesure d’IA-DR
Le premier ensemble d’hypothèses traite de l’effet supposé des caractéristiques de la publication des articles (année de publication et catégorie de revue) sur la probabilité de présence d’une mesure d’IA-DR.
Les premiers débats entourant les mesures d’IA-DR eurent lieu dans les années 1970 (Guth et Green, 1993 ; Roof, 1979 ; Roof et Perkins, 1975). Ces mesures ont par la suite été graduellement intégrées dans les bases de données politiques
4
. Nous pensons qu’en plus de cette intégration graduelle, il existe une sorte d’effet de cliquet en vertu duquel une mesure d’IA-DR demeure dans le questionnaire des enquêtes une fois qu’elle y a été incorporée. On devrait alors observer que plus une publication est récente plus ses chances de contenir une mesure d’IA-DR sont grandes (
Nous pensons en outre que puisque les revues de sciences des religions ont la religion comme objet principal d’analyse, elles sont plus exigeantes que les autres catégories de revue de sciences sociales en termes de mesure du phénomène religieux. On s’attend par conséquent à ce que les articles qui y sont publiés aient de plus grandes chances de recourir à une mesure d’IA-DR (
Le deuxième ensemble d’hypothèses concerne la relation entre des caractéristiques relatives aux auteurs des articles (leur discipline ; leur pays de résidence et d’étude) et la probabilité d’inclusion d’une mesure d’IA-DR. Dans la mesure où les pères fondateurs de la sociologie ont tous pris position sur la religion (Hervieu-Léger et Willaime, 2001) ; où aussi les plus grandes analyses de la place de la religion dans la société ont classiquement été mises en avant par des sociologues (Esmer et Pettersson, 2007 : 485-486) ; et où enfin, les politologues se sont dans l’ensemble moins intéressés à la religion que les spécialistes d’autres disciplines des sciences sociales (Gill, 2001 : 118), nous nous attendons à observer un écart significatif dans la prise en compte des mesures d’IA-DR selon la discipline
5
des auteurs des recherches (
Par ailleurs, d’importantes variations existent entre les diverses régions du monde quant à la place sociale de la religion (Norris et Inglehart, 2011). Partant de ce constat, nous faisons l’hypothèse que la place de la religion dans la société peut influencer les auteurs et les résultats qu’ils observent (Swatos et Christiano, 1999 : 210 ; Wald et Wilcox, 2006 : 525). Ce faisant, les chances d’observer la présence d’une variable d’IA-DR devraient différer significativement selon les pays étudiés et celui des auteurs
Le troisième ensemble d’hypothèses concerne la relation supposée entre le plan de recherche (comparaison spatiale ou longitudinale et type de population enquêtée) et la probabilité d’inclusion d’une mesure d’IA-DR.
La présence d’une mesure d’IA-DR devrait être d’autant plus probable que le plan de recherche est relativement simple du point de vue spatial et/ou temporel (
Au sujet par ailleurs du type de population enquêtée, il est certain qu’étudier un sous-groupe de la population générale est l’occasion d’opter pour une photographie plus détaillée que l’examen macroscopique permis par le recours aux grandes enquêtes d’opinion. Comme les études portant sur des groupes ciblés dans la population procèdent à un examen plus précis, on s’attend à ce qu’elles recourent à des mesures plus détaillées. Elles devraient donc avoir plus de chances de renfermer une mesure d’IA-DR (
Finalement, le quatrième ensemble d’hypothèses porte sur la relation entre les principales variables des études recensées (la place de la religion dans le dispositif explicatif, la variable dépendante et le nombre d’autres mesures de la religion que l’IA-DR) et la probabilité d’inclusion d’une mesure d’IA-DR.
Nous pensons que l’intérêt théorique des auteurs pour le phénomène religieux, qui se traduit par l’identification de la religion comme étant une explication primordiale du vote, devrait influencer positivement la probabilité que leurs études contiennent une mesure d’IA-DR (
Nous considérons aussi que la précision avec laquelle les auteurs abordent la mesure du facteur religieux peut varier en fonction de leur intérêt pour le vote en tant qu’action (participation ou abstention électorales) ou encore en tant que choix. Les chances qu’une étude renferme une mesure d’IA-DR pourraient donc être significativement différentes selon le phénomène électoral étudié (
La mesure d’IA-DR n’est que l’une des mesures existantes du phénomène religieux. La question est alors de déterminer si les chercheurs tendent à l’utiliser comme une alternative à d’autres mesures ou comme un complément. Puisqu’il semble que l’importance de la religion ait tendance à être utilisée plus fréquemment dans la seconde optique (Esmer et Pettersson, 2007 ; Guth et Green, 1993 ; Segatti et al., 2011), les chances d’observer la présence d’une mesure d’IA-DR devraient augmenter avec le nombre d’autres mesures de la religion utilisées (
Les trois catégories hypothèses explicatives de l’effet rapporté de l’IA-DR sur le comportement électoral
La première conjecture porte sur l’impact du contexte géographique. Tel que mentionné précédemment, les pays varient quant à la place sociale de la religion. On pourrait même poser que l’intensité de l’effet religieux change probablement d’élection en élection dans un pays donné. L’effet de l’IA-DR sur le comportement électoral devrait donc varier significativement selon les pays étudiés (
Un deuxième ensemble d’hypothèses concerne la relation entre les mesures utilisées dans les articles recensés (la variable dépendante étudiée, l’opérationnalisation de la mesure d’IA-DR et le fait que l’IA-DR fasse partie ou non d’un indice) et l’effet rapporté. Tout d’abord, il nous semble possible que l’effet de l’IA-DR sur le comportement électoral varie selon que le comportement électoral étudié est la participation électorale ou le choix partisan (
En outre, il se pourrait que le choix de la mesure d’IA-DR utilisée (« saillance générale » ou « pertinence religieuse ») influe significativement sur l’effet ressenti au niveau du comportement électoral. La « saillance générale » engloberait la « pertinence religieuse ». Tout écart entre ces deux mesures serait constitué par des répondants déclarant que la religion importe dans leur vie dans un sens général, mais sans que cela ne se traduise dans le domaine du comportement électoral. En tout état de cause, cet écart irait dans le sens de la « compartimentation » (Dobbelaere, 1999 : 241-242). On s’attend ainsi à ce que les études utilisant la mesure de « pertinence religieuse » rapportent plus souvent un effet significatif de l’IA-DR sur le comportement électoral que les études utilisant la « saillance générale » (
Quant au rôle dévolu à la religion dans les études électorales, la distinction rappelée par Guth et Green (1993) entre celles qui abordent l’IA-DR comme une variable indépendante et celles qui la considèrent comme étant une variable intermédiaire sert ici de fil conducteur. Dans les études recensées, aucune recherche ne présente textuellement l’IA-DR comme une variable intermédiaire. Il est toutefois possible de rendre compte indirectement de cette distinction en repérant si les études que nous recensons considèrent la variable d’IA-DR comme un indicateur à part entière ou si elles l’incorporent dans un indice. Les deux types d’étude pourraient différer significativement quant à l’effet rapporté sur le comportement électoral (
La dernière catégorie d’hypothèses porte sur le statut théorique accordé à la mesure d’IA-DR (« clé » ou « de contrôle ») et sur la manière dont il affecterait l’effet rapporté. Les études concevant l’IA-DR comme une variable clé auraient ainsi de plus grandes chances de rapporter un effet significatif de cette mesure sur le comportement électoral que les autres études ne serait-ce que par l’existence d’un possible « biais de publication » en vertu duquel la majorité des études effectivement publiées rapporteraient un effet significatif de leurs variables indépendantes principales sur la variable dépendante
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(
Les données et l’opérationnalisation du cadre théorique
La base de données
Les études électorales retenues dans cette recherche sont limitées aux articles publiés dans des revues académiques avec comité de lecture ayant les quatre caractéristiques suivantes :
la variable dépendante devait mesurer la participation électorale ou le choix partisan 7 ;
l’article devait comporter au moins une mesure de la religion ;
l’article devait faire usage de données individuelles ;
l’article devait être rédigé en langue anglaise ou française.
Dans notre base de données, l’unité d’analyse est donc
Notre échantillon d’études électorales comportant au moins une mesure de religion au niveau individuel est de taille relativement conséquente. Si nous ne pouvons affirmer que l’échantillon est représentatif des études de niveau individuel publiées en anglais ou en français, ayant le comportement électoral pour variable dépendante et contenant au moins une dimension religieuse au sein des variables indépendantes, nous pensons que le fait d’avoir obtenu des recoupements de plus en plus importants à mesure que nous effectuions des recherches dans différents moteurs indique que nous avons atteint une certaine saturation. Par conséquent, à défaut d’être strictement représentatif, notre échantillon est résolument utilisable et pertinent.
Les variables utilisées
Nous utilisons deux variables dépendantes (une pour chaque analyse). La première variable dépendante mesure la présence d’une mesure d’IA-DR dans les articles recensés. Nous avons considéré la mesure d’IA-DR de manière extensive en ne faisant pas la différence entre la « saillance générale » et la « pertinence religieuse » (Guth et Green, 1993 : 158). Cette variable est donc codée 1 lorsque l’article examiné contient une mesure d’IA-DR, et est codée 0 sinon.
La seconde variable dépendante mesure la signification statistique de l’effet rapporté de la mesure d’IA-DR sur le comportement électoral. Il y a trois types d’effet possibles : un effet statistiquement significatif, un effet mixte et un effet nul. Un effet statistiquement significatif fait référence aux situations dans lesquelles l’IA-DR en tant que telle, ou en tant que partie d’un indice, influence positivement ou négativement la probabilité de voter ou la probabilité de faire un choix partisan donné. Un effet mixte fait référence aux situations dans lesquelles l’impact de l’IA-DR dépend des modèles statistiques spécifiés et estimés dans les articles recensés. Enfin, un effet nul fait référence aux situations dans lesquelles l’IA-DR n’entretient aucune corrélation avec le comportement électoral analysé.
Les variables indépendantes utilisées dans chacune des analyses figurent dans le tableau A.1 placé en annexe.
Les modèles statistiques utilisés
L’analyse de notre première variable dépendante requiert l’utilisation d’un modèle pour variable dépendante dichotomique de type logistique ou probit. Nous choisissons de présenter ici les résultats de la première méthode (logistique) 9 .
L’analyse de la seconde variable dépendante (type d’effet rapporté) pourrait en théorie relever d’une estimation multivariée. En raison toutefois du nombre relativement restreint d’observations (N=45) et de la visée exploratoire de cet article, nous présentons les résultats d’analyse de tableaux croisés.
Les résultats
Les déterminants de la prise en compte d’une mesure d’IA-DR
Nous avons estimé cinq modèles de régression logistique dont les résultats numériques se trouvent placés dans le tableau A.2 de l’annexe. Le graphique 4 ci-après présente visuellement les probabilités prédites d’observer la présence d’une variable d’IA-DR en fonction des seules variables indépendantes dont l’effet est significatif (nombre de mesures religieuses ; discipline ; pays ; et population) 10 .

Probabilités prédites d’observer une mesure d’importance auto-déclarée de la religion (IA-DR) en fonction de quatre variables.
Nous remarquons tout d’abord que la probabilité prédite d’observer une mesure d’IA-DR croît à mesure que le nombre de mesures religieuses augmente. Cela est vrai pour toutes les courbes. Nous remarquons ensuite la courbe située nettement au-dessus des autres (en trait plein avec le symbole du triangle) qui représente les probabilités prédites de comporter une mesure d’IA-DR pour les articles écrits par des politologues américanistes sur un sous-groupe de la population. Viennent immédiatement ensuite les courbes reflétant les probabilités prédites pour les études de politologues américanistes portant sur la population générale et de politologues non américanistes portant sur un sous-groupe. Les trois courbes représentant la plus forte probabilité de comporter une mesure d’IA-DR sont donc les courbes symbolisant les études menées par des politologues. Dans deux cas sur trois, ce sont des américanistes. Dans deux cas sur trois aussi, ce sont des études portant sur des sous-groupes. Inversement, les trois courbes situées en bas du graphique (les courbes tracées en pointillés avec les symboles du cercle, du carré et de la croix) symbolisent les probabilités prédites pour les études conduites par des sociologues, le plus souvent non américanistes (deux cas sur trois) et sur la population générale (deux cas sur trois).
Pour être complet, il nous faut également mentionner les résultats non significatifs (que l’on trouve détaillés dans le tableau A.2). Nous voyons ainsi que ni l’année de publication, ni les aspects spatial et temporel du plan de recherche, ni encore la place théorique de l’explication religieuse, ni enfin le type de comportement électoral étudié n’ont d’impact sur la présence de la mesure d’IA-DR. La signification statistique de la catégorie de revue fluctue quant à elle selon les spécifications. Si les articles publiés dans les revues de sciences de religions tendent à comporter plus souvent une mesure d’IA-DR que les articles publiés dans d’autres revues, les articles ne comportant pas de mesure d’IA-DR représentent toutefois la majorité des articles pour tous les types de revue.
En conclusion de cette première analyse, le résultat empirique principal que l’on peut retenir est que les études recensées ont d’autant plus de chances de renfermer une mesure d’IA-DR qu’elles comportent un grand nombre d’autres mesures de religion et qu’elles sont réalisées par des politologues américanistes travaillant sur un sous-groupe de la population 11 .
L’étude de l’effet rapporté de l’IA-DR sur le comportement électoral
Le premier élément à souligner concerne les relations non significatives entre la variable indépendante retenue et le type d’effet rapporté. Le tableau 1 nous apprend par exemple que le pays étudié et l’effet rapporté n’entretiennent aucun lien manifeste. Si ce n’est pas la seule association statistiquement non significative de notre seconde analyse 12 , c’est bien la seule relation pour laquelle il ne semble pas y avoir de structure identifiable.
Pays étudié et signification statistique de l’effet.
Notes : χ2 = 1,9 ; dl = 2 ; p = 0,4. N=45.
Le deuxième élément à souligner concerne les relations non statistiquement significatives, mais substantiellement significatives. Nous faisons référence aux tableaux 2 et 3. Le tableau 2 porte sur l’examen de la relation entre la mesure d’IA-DR utilisée et le type d’effet rapporté. S’il est certain que la signification statistique souffre du faible nombre d’observations dans certaines cases du tableau, il est tout de même possible de relever le fait que les études utilisant la mesure de « pertinence de la religion » rapportent quasi exclusivement un effet significatif de l’IA-DR sur le comportement électoral alors que les résultats des études utilisant une mesure générale d’IA-DR sont sensiblement plus partagés.
Mesure d’IA-DR et signification statistique de l’effet.
Notes : χ2 = 1,8 ; dl = 2 ; p = 0,4. N=45.
Autonomie de la mesure d’IA-DR et signification statistique de l’effet.
Notes : χ2 = 4,2 ; dl = 2 ; p = 0,13. N=45.
L’analyse du tableau 3 renvoie également des informations intéressantes. Si utiliser une mesure d’IA-DR de manière autonome ne fait pas tellement de différence quant au type d’effet observé, incorporer la mesure dans un indice semble mieux garantir que l’effet observé sera significatif. Cela ne plaide toutefois pas clairement en faveur d’un effet significatif de l’IA-DR sur le comportement électoral, car l’incorporation d’une mesure d’IA-DR dans un indice empêche d’identifier la part de l’effet qui n’est attribuable qu’à celle-ci.
Le troisième élément que nous pouvons mentionner concerne les deux séries de résultats statistiquement significatifs. Le tableau 4 rapporte ainsi une relation significative entre le type de comportement électoral étudié et le type d’effet rapporté. Nous voyons que les études portant sur le choix partisan rapportent plus souvent un effet significatif de l’IA-DR sur le comportement électoral analysé que les études portant sur la participation électorale (qui, elles, mentionnent plus souvent l’absence d’effet). L’IA-DR jouerait donc a priori plus souvent en faveur ou défaveur de tel ou tel parti qu’elle n’affecterait la participation électorale.
Type de comportement électoral et signification statistique de l’effet.
Notes : χ2 =23,5 ; dl = 4 ; p = 0,0001. N=45.
Un autre résultat statistiquement significatif est dépeint dans le tableau 5. D’après l’information contenue dans ce tableau, les études accordant un statut théorique clé à l’IA-DR rapportent plus souvent un effet significatif qu’un effet mixte ou nul. L’inverse est également vrai. La place théorique de la mesure d’IA-DR importe donc. Cela pourrait être interprété comme reflétant une sorte de « biais de publication » provenant du fait que parmi les études plaçant l’IA-DR au rang des explications centrales, les études mentionnant un effet statistiquement significatif sont sensiblement plus nombreuses que ce à quoi on pourrait s’attendre si le « biais de publication » (dû par exemple à des auteurs ne soumettant pas leur travail à publication lorsque les résultats ne sont pas significatifs ou aux éditeurs ne publiant pas dans un tel cas) n’existait pas.
Place théorique de la mesure d’IA-DR et signification statistique de l’effet.
Notes : χ2 = 8,3 ; dl = 2 ; p = 0,02. N=45.
En conclusion, nous pouvons dire que l’effet de l’IA-DR sur le comportement électoral est pour le moins équivoque. Si le pays étudié ne fait pas de réelle différence quant à l’effet observé, il faut se souvenir que les mesures d’IA-DR sont principalement utilisées dans les études électorales portant sur les États-Unis 13 . Ensuite, si la mesure de « saillance générale » ne permet pas de discerner très clairement l’effet significatif de l’effet mixte ou même de l’absence d’effet, la mesure plus précise de « pertinence religieuse » est plus souvent associée à un effet significatif. Nous avons également observé que placer la mesure d’IA-DR dans un indice augmente ses chances d’être significative alors qu’utilisée seule elle n’est pas vraiment discriminante. On retient aussi que les études portant sur le choix partisan sont plus souvent associées à des effets rapportés comme étant significatifs alors que les études sur la participation le sont à des effets rapportés comme étant nuls. On retient finalement que les études plaçant l’IA-DR au cœur de leur raisonnement théorique sont plus souvent associées à des résultats rapportés comme étant significatifs alors que les articles ne recourant à l’IA-DR que comme un contrôle sont plus souvent associés à un effet non significatif 14 .
Discussion des résultats
Les mesures de la religion
Nos analyses ont tout d’abord permis de voir que le recours à une mesure d’IA-DR se fait en règle générale en complément de l’examen des relations entre d’autres variables religieuses et les comportements électoraux. Prendre en compte l’IA-DR est nécessaire pour apprécier la dimension subjective de la religiosité individuelle, mais elle n’est pas suffisante pour rendre compte de l’ensemble de l’effet religieux sur les comportements électoraux (Esmer et Pettersson, 2007 ; Guth et Green, 1993 ; Segatti et al., 2011). Les chercheurs ne doivent donc pas abandonner la pratique d’utilisation conjointe de mesures traditionnelles et d’une mesure d’IA-DR.
Nous avons également abordé la question de la théorisation de l’IA-DR comme variable indépendante à part entière ou comme variable intermédiaire. Sur le plan de la mesure, cela équivaut au choix entre l’utilisation d’une variable spécifique ou l’incorporation de l’IA-DR à un indice de religiosité. Nous avons vu que les études où l’IA-DR est utilisée de manière autonome ont moins de chances de renvoyer un effet significatif que les études dans lesquelles elle est incluse dans un indice. Il y a, à notre avis, intérêt à privilégier l’utilisation autonome de la mesure d’IA-DR dans le sens où celle-ci est qualitativement distincte des autres mesures de religion (Glock et Stark, 1965) et apporte donc un éclairage unique sur la relation entre la religion et le vote.
Le type de mesure d’IA-DR utilisée dans les études recensées constitue un autre résultat important. Si les mesures de « saillance générale » sont de loin les plus fréquentes, il n’est pas certain qu’elles nous renseignent adéquatement sur ce que l’on cherche à estimer lorsque l’on étudie l’effet de la religion sur le comportement électoral, c’est-à-dire la « saillance politique de la religion » (Guth et al., 1996). Il n’est pas optimal que les études électorales recourent principalement à une mesure de « saillance générale », car ce faisant, elles agrègent dans une même catégorie les répondants pour qui la religion est importante au quotidien sans égard aux conséquences pratiques éventuelles et ceux à qui la religion offre une direction précise spécifiquement dans le domaine politique. Plutôt que de se limiter à une question vague, il s’agirait ainsi d’encourager le recours à une question précise qui permette de mesurer directement le rôle joué par les croyances religieuses dans le vote des répondants. Plusieurs formulations sont possibles, telles que « Have your religious beliefs played a role in how you cast your vote? » (Olson et al., 2003) ; « How important is the role of religion / faith in determining your vote? » (Guth et al., 2006 ; Wilcox, 1989) ou encore « Is religion the reason for your vote? » (Hood et Morris, 1985 ; Irwin et Van Holsteyn, 1989). Même si ces questions n’enregistrent que ce que les répondants déclarent, et comportent donc des limites, leur utilisation plus systématique constituerait une avancée certaine dans l’étude du rôle de la religion sur le vote des électeurs.
Les caractéristiques des chercheurs
Le deuxième ensemble de résultats notables concerne la prise en compte plus fréquente de l’IA-DR par les politologues américanistes que par toute autre catégorie de chercheurs. Il faut en préambule souligner que cela n’implique ni que seuls les américanistes prennent en compte les mesures d’IA-DR, ni que les sociologues se désintéressent de ces mesures. Sur ce dernier point, ce sont bien au contraire des sociologues et des psychologues qui depuis les années 1960 ont élaboré et raffiné les mesures de la religion individuelle (Billiet, 2002). Simplement, les sociologues s’intéressant au comportement électoral, puisque c’est d’eux exclusivement qu’il s’agit ici, ne prennent généralement pas en compte l’IA-DR.
Pareillement, les américanistes se distinguent nettement des autres chercheurs par leur utilisation plus systématique de l’IA-DR (même si une majorité d’entre eux ne la prend pas en compte). Il est donc envisageable que les études électorales s’intéressant à l’effet de la religion puisent dans certains travaux de politologues américanistes au sujet des mesures d’IA-DR. Si la religion est importante dans la vie de nombreux Nord-Américains, jusqu’à constituer parfois une ressource essentielle pour leurs décisions quotidiennes, cela est aussi le cas en Europe, en Amérique Latine ou du Moyen-Orient 15 .
Les mesures d’IA-DR gagneraient donc à être exploitées plus avant dans d’autres contextes politiques que le contexte américain. Mais pour cela, encore faudrait-il se départir de la notion de « clivage religieux » et de sa mesure exclusive (l’affiliation à une dénomination) dans lesquelles certaines études enferment l’examen de l’effet de la religion sur le comportement électoral 16 . Une autre manière de concevoir les choses serait d’envisager par exemple l’effet de la religion sur les comportements électoraux individuels en termes de « vote religieux », notion plus souple que celle de « clivage » (Segatti et al., 2011).
Les aspects théoriques du plan de recherche
Le type de comportement électoral étudié et la place théorique donnée à la religion ne font, comme nous l’avons vu, pas de différence pour l’explication de la prise en compte de la mesure d’IA-DR. Par contre, ces deux variables jouent un rôle de premier plan au sujet des effets rapportés des mesures d’IA-DR sur les comportements électoraux. L’IA-DR est associée à un effet significatif lorsqu’elle est conçue comme une explication clé, et à un effet nul quand elle est conçue comme une explication de contrôle. Cela pourrait suggérer l’existence d’un « biais de publication » en vertu duquel les explications théoriques les plus centrales se doivent d’être significatives pour que la recherche soit publiée. Il s’agit d’une forme de sélection pouvant provenir des éditeurs de revue ou des chercheurs eux-mêmes (Gerber et Malhotra, 2008a, 2008b ; Sigelman, 1999).
Par ailleurs, le type de comportement électoral étudié entretient lui aussi une relation avec l’effet rapporté. Les études traitant de choix partisan rapportent plus souvent un effet significatif alors que la situation inverse prévaut pour les études traitant de participation électorale. Ce résultat se maintient dans une analyse multivariée que nous avons réalisée par ailleurs. L’IA-DR agit donc au niveau individuel comme une aide très concrète pour faire le choix d’un candidat ou d’un parti beaucoup plus que comme une ressource aidant à la mobilisation électorale. Cela questionne une longue tradition de recherche sur la participation électorale pour laquelle le lien entre la participation électorale et la pratique religieuse est clair et univoque (Nevitte et al., 2009 ; Verba et al., 1995).
En conclusion, nous savons maintenant qui utilise le plus souvent les mesures d’IA-DR. Cependant, nous savons aussi que les effets rapportés de l’IA-DR sont partagés et que par conséquent, il ne saurait être question de voir dans l’impact de cette variable au plan électoral, une régularité qui n’existe pas. Il conviendrait plutôt de réfléchir à son raffinement. Une bonne manière d’adapter la mesure d’IA-DR à ce que veulent vraiment savoir les chercheurs œuvrant dans le domaine des études électorales serait de recourir plus systématiquement que cela n’est le cas à une mesure de « saillance politique de la religion », quitte à confronter son effet à celui d’une mesure de « saillance générale ».
Conclusion
Dans cet article nous avons étudié la prise en compte de l’IA-DR dans les études électorales et l’effet rapporté de cette variable sur le comportement électoral. L’examen de ces deux sources de variation a d’abord révélé que l’IA-DR n’est pas encore massivement prise en compte dans les études électorales, et ensuite que parmi les études qui l’incorporent, la très grande majorité d’entre elles utilisent une mesure d’importance générale plutôt qu’une mesure de « pertinence de la religion » dans la prise de décision électorale au niveau individuel. Cela se ressent sur l’effet estimé et rapporté.
S’il est certain que l’IA-DR est une mesure à prendre en compte autant que faire se peut, notamment parce qu’elle renferme le principe actif des autres mesures de religion, il faut encourager le développement de mesures de « pertinence religieuse » dans les enquêtes électorales qui permettraient aux chercheurs d’améliorer l’estimation de l’effet qui les intéresse vraiment ; à savoir la conséquence pratique que peut avoir la religion des électeurs sur leur comportement électoral.
Footnotes
Annexes
Modèles de régression logistique (coefficients, erreurs-types [entre parenthèses] et rapports de cote [en italique]).
| Modèle 1 | Modèle 2 | Modèle 3 | Modèle 4 | Modèle 5 | |
|---|---|---|---|---|---|
| CONSTANTE | 16,7 (30, 9) | 29,5 (31,9) | –5,1 (1,3) *** | –5,8 (0,8) *** | 39,4 (35,5) |
| 1,8 × 107 | 1,8 × 107 | 0.006 | 0,003 | 1,2 × 1017 | |
| Année de publication | –0,01 (0,02) | –0,02 (0,02) | ——— | ——— | –0,02 (0,02) |
| 0,99 | 0,99 | 1,0 | |||
| Catégorie de revue (sciences des religions) | 1,4 (0,5) ** | 1,3 (0,5) * | ——— | 0,7 (0,6) | 0,7 (0,6) |
| 4,0 | 4,0 | 2,0 | 1,9 | ||
| Discipline (science politique) | 2,01 (0,6) *** | 2,2 (0,6) *** | ——— | 2,0 (0,6) ** | 2,2 (0,6) *** |
| 7,5 | 7,5 | 7,3 | 8,8 | ||
| Pays des auteurs (États-Unis) | 1,7 (0,5) *** | ——— | ——— | ——— | ——— |
| 5,8 | |||||
| Pays étudié(s) (États-Unis) | ——— | 1,7 (0,4) *** | ——— | ——— | ——— |
| 5,8 | |||||
| Américanistes | ——— | ——— | ——— | 1,1 (0,5) * | 1,2 (0,5) * |
| 3,1 | 3,2 | ||||
| Dimension spatiale (un pays) | ——— | ——— | 0,9 (1,1) | ——— | 0,3 (1,1) |
| 2,4 | 1,4 | ||||
| Dimension temporelle (transversale) | ——— | ——— | 0,2 (0,6) | ——— | 0,09 (0,7) |
| 1,2 | 1,1 | ||||
| Population (sous-groupe) | ——— | ——— | 1,3 (0,4) *** | 0,9 (0,4) * | 0,9 (0,4)* |
| 3,7 | 2,4 | 2,4 | |||
| Place théorique des variables religieuses (clé) | ——— | ——— | 0,4 (0,5) | ——— | 0,1 (0,5) |
| 1,6 | 1,1 | ||||
| Vote (choix et action) | ——— | ——— | 0,4 (0,7) | ——— | –0,09 (0,8) |
| 1,6 | 0,9 | ||||
| Vote (choix) | ——— | ——— | 0,2 (0,5) | ——— | 0,1 (0,5) |
| 1,2 | 1,1 | ||||
| Nombre de dimensions religieuses (hors IA-DR) | ——— | ——— | 0,7 (0,2) *** | 0,7 (0,17) *** | 0,7 (0,2) *** |
| 2,0 | 2,0 | 2,0 | |||
| Test du rapport de vraisemblance χ2 (d.l.) | 38,9 (4) *** | 41,3 (4) *** | 42,4 (7) *** | 61,4 (5) *** | 63,6 (11) *** |
| Pseudo R2 de Nagelkerke | 0,24 | 0,25 | 0,26 | 0,36 | 0,37 |
Note concernant le tableau A.2 : Dans la mesure où les variables pays étudiés et pays de résidence des auteurs sont très fortement corrélées (coefficient de corrélation tétrachorique = 0,97), nous avons créé pour les modèles 4, 5 et 6 une variable tirée de l’interaction entre ces deux variables. Cette nouvelle variable se nomme américanistes. Elle comprend deux catégories : les recherches réalisées sur les États-Unis uniquement par des auteurs travaillant aux États-Unis (catégorie codée 1) et les autres combinaisons de pays des auteurs et de pays étudiés (catégorie codée 0) 17 .
Financement
Cette recherche a bénéficié de l’appui financier du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Notes
Biographies des auteurs
Adresse : Département de science politique, Pavillon Charles-De Koninck, Local 4449, 1030 avenue des Sciences humaines, Québec (Québec) G1V 0A6, Université Laval, Canada
Email :
Adresse : Département de science politique, Pavillon Charles-De Koninck, Local 4449, 1030 avenue des Sciences humaines, Québec (Québec) G1V 0A6, Université Laval, Canada
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