Abstract
Le satanisme est l’objet de fantasmes en France pour au moins deux raisons principales. D’une part, ce phénomène social, reposant sur une doctrine dont nous verrons les grandes lignes, n’est jamais défini précisément. Cette absence de définition conduit les pouvoirs publics et l’opinion à multiplier les amalgames et à considérer tant des courants musicaux que des actes illégaux comme relevant du satanisme, dont on grossit les effectifs et l’impact social. D’autre part, le satanisme est considéré comme une religion menaçante, largement diffusée au sein de la jeunesse, en proie à une “perte des valeurs”. C’est pourquoi il convient tout d’abord de définir rigoureusement le satanisme à partir de recherches entamées depuis 1995 avant de voir en quoi le satanisme, loin d’être une religion, relève d’un fait religieux et constitue “le religieusement incorrect” ultraminoritaire.
Satanism is the source of fantasies in France for at least two main reasons. First, Satanism, a social phenomenon whose main theoretical foundations we will examine, is never clearly defined. This absence of a clear definition leads public authorities and public opinion to foster a number of misconceptions and to consider, for instance, musical trends and illegal behaviour as pertaining to Satanism. As a result, the number of Satanists and their impact on society are greatly overestimated. Second, Satanism is considered as a dangerous religion, widespread amongst a young population already inclined to a “loss of values”. The author will first define precisely what Satanism is, based on research initiated in 1995, and then demonstrate that Satanism, far from being a religion, is a religious phenomenon and constitutes the “religious incorrectness” of a tiny minority.
