Abstract
L’existence de valeurs publiques, et donc d’une morale publique, est une caractéristique intrinsèque du politique démocratique, y compris quand celles-ci sont « les valeurs minimales de la démocratie libérale » (Weinstock, « L’actualité du bien commun », 2004). Pour autant, cette éthique collective doit se conformer à l’exigence de neutralité, qui, dans une société démocratique pluraliste, s’exprime à la fois en termes d’intention et de justification. Comment alors, si ces conditions sont respectées, légitimer l’octroi d’exemptions, la reconnaissance d’éthiques individuelles en désaccord avec cette éthique collective ? A partir de notre terrain d’études, centré sur l’usage contemporain de l’objection au sein de croisades morales, examinée ici à l’aune d’autres formes d’objection, nous explorerons l’idée selon laquelle celles-ci ne peuvent faire l’objet que d’un usage restreint. Elles s’insèrent en effet dans une dynamique d’intersubjectivité citoyenne, qui pourrait aboutir, le cas échéant, à des conséquences tant individuelles (transfert de charges) que collectives, allant jusqu’à la mise en cause du cadre même de possibilité des autonomies individuelles. L’exemption ainsi, ne se justifie que si elle permet la conciliation de la démocratie et de l’État de droit.
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