Abstract
Cet article presente des données expérimentales issues de l'analyse des mouvements des yeux de musiciens qui lisaient de courts fragments de partitions de Beethoven qui, soitcontenaient un certain nombre d'événements rythmiques, mélodiques et harmoniques (versions originates), soit en étaient relativement dépourvus (les mèmes fragments ayant été alors modifies de manière à supprimer une partie de la complexité. L'objectif était de noter si la richesse d'écriture d'un compositeur tel que Beethoven pouvait se traduire auniveau oculomoteur et cognitif par des similarités comportementales à la lecture de texteslittéraires. Les événements musicaux dans les partitions originales étaient censés induire des processus cognitifs généralement observés dans la comprehension textuelle (saccades regressives et durees de fixation plus longues aux endroits particulièrement signifiants). Les résultats montrent à la fois l'utilisation chez le sujet de mécanismes oculornoteurs habituels en lecture textuelle, mais font également apparaïtre des comportements typiques de lecture musicale. On observe dans les fragments originaux un accroissement des contröml;les locaux (fixations régressives intra-mesures) et globaux (réinspections) qui témoignent des difficultes d'intégration de l'information. Cet effet est plus important lors de la lecture des versions originales de Beethoven comparée aux versions simplifiées. Cette intégration informationnelle est réalisée immédiatement, dès que le sujet rencontre l'événement musical dans la partition. De manière générale, il semble que les sujets soient tres rapidement informés de la richesse ou non du fragment, et que l'originalité d'écriture musicale, mème localisée, affecte la lecture du fragment dans son ensemble.
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