Abstract
On définit l'audition musicale comme le processus par lequel l'oreille tente d'édifier une unité de l'œuvre au fil du temps (au fur et à mesure done de son déroulement sensible), c'est-à-dire tente d'en dégager une Forme. On fait ensuite l'hypothèse que l'opération musicale d'audition s'apparente à l'opération mathématique d'intégration: l'oreille élabore l'unité de l'œuvre en «intégrant» celle-ci. On s'appuie alors sur la théorie mathématique de l'intégration (qui distingue les intégrates de Riemann, Lebesgue et Kurzweil-Henstock) pour catégoriser trois types d'audition musicale: l'audition spontanée, l'audition perceptive et l'audition réflexive. On éclaire ainsi le travail musical d'audition d'une œuvre comme passage cumulatif et ordonné de l'une à l'autre. On en déduit cette proposition: il convient d'écouter une œuvre au moins trois fois (dont la seconde, partition en mains) pour pouvoir en saisir l'unité selon le cours de son temps propre.
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