Abstract
Le « professeur femme » est inventé en 1881 par la toute jeune IIIe République dans le cadre d’une entreprise de large envergure visant à la laïcisation du système scolaire français. Soucieux de ne point nuire au succès d’une oeuvre si importante pour la stabilité du régime même, les républicains s’emploient à faire intégrer cet être « hermaphrodite » tenant autant du masculin que du féminin à la norme. Ainsi est façonnée une nouvelle identité féminine aussi paradoxale que complexe dans la mesure où elle concilie deux extrêmes : celui de la nonne laïque entièrement vouée à ses élèves et, par ailleurs, celui de la savante, usurpatrice d’une profession définie au masculin, indépendante certes, mais au prix du sacrifice de sa féminité.
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