Abstract
Résumé
Comment représenter sur scène des personnes de couleur ? La question préoccupe longtemps le théâtre français, et c’est le vaudeville, genre généralement plus prompt à l’imitation qu’à l’innovation, qui le premier se risque à abandonner la pratique du blackface et à faire monter sur les planches des acteurs noirs. Nous sommes en 1847 ; si le maquillage noircissant est alors tenu pour ridicule, l’apparition de comédiens de couleur indigne. On ne comprend notamment pas qu’au moment où se débat l’abolition de l’esclavage (qui sera décrétée moins d’un an plus tard), on « oblige » des personnes de couleur à « s’exhiber » sur scène pour divertir les spectateurs. Cet essai propose une analyse de deux vaudevilles, l’un parodiant le recours au blackface et l’autre employant des acteurs de couleur, pour montrer que ce genre théâtral nous fournit des informations précieuses sur les perceptions d’un public populaire en matière de race.
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