Abstract
À partir de sources administratives, de témoignages littéraires et scientifiques, cet article étudie la mise en place d’une industrie viticole en Tunisie, sous le protectorat français, et son impact sur les populations. Le vin produit en Tunisie est en grande majorité exporté à l’étranger, ce qui donne ainsi une vitrine au protectorat français en Tunisie, des revenus supplémentaires et permet d’asseoir la domination coloniale. En parallèle, le commerce et la consommation d’alcool par les indigènes tunisiens sont strictement interdits à partir de 1917. L’administration souhaite faire respecter l’interdit religieux musulman de consommation d’alcool, mais renforce ainsi les représentations coloniales sur les coutumes des indigènes. Malgré ces interdits, le vin est une synapse entre la société des colons et la société colonisée. Par les ventes de vin clandestines, ou par les représentations autour des consommations de chacun le vin est un moyen de renégocier ou réaffirmer l’autorité coloniale.
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