Abstract
Produits de luxe intégrant les marchés les plus sélectifs d’Europe, les vins fins de Bourgogne accompagnent dès la fin du XIXe siècle l’extension coloniale française à partir de circuits commerciaux irrigant tout l’Empire. Mais c’est la Chine et ses enclaves et concessions coloniales qui, au seuil du XXe siècle, alimentent toutes les convoitises d’un négoce bourguignon porté par sa quête de marchés lointains et captifs. Pourtant, la volonté d’étendre ce commerce auprès d’une société totalement étrangère au modèle agro-foncier français soulève les plus grandes inquiétudes. Les stratégies de conversion des populations chinoises locales aux références vitivinicoles bourguignonnes principalement définies par leurs identifications foncières échouent face aux alcools concurrents portés par des marques commerciales. En moins de trente ans, l’échec du commerce des vins de Bourgogne dans les concessions françaises de Chine exprime l’évidence de l’impasse progressive du processus colonial français dans cette région du monde.
Keywords
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