La cohorte dans le temps et dans l'espace : points de vue théoriques et considérations pratiques. L'attention de plus en plus grande portée dans les recherches sociales sur le problème des étapes de la vie et l'attention méthodologique parallèle portée sur les études longitudinales fait ressentir le besoin d'explorer et de clarifier les concepts qui sont sous-jacents dans de telles études. Un de ces concepts clés est le temps. Cet article explore la manière dont nos présupposés sur le temps peuvent se heurter à la réalité lors de l'étude d'une cohorte longitudinale en utilisant comme exemple l'enquête sur les jeunes en Ecosse. En suivant et en développant les thèmes de Hareven (1982), il est possible de considérer le temps des individus, des families ou d'autres institutions sociales comme appartenant à différents registres et fonctionnant sur des échelles diverses. Une étude de cohorte, suivant des individus dans le temps, pert tout sens du cadre temporel des autres membres de la famille. Ceci conduit, entre autres, rendre faux des jugements portés sur l'homogénéité des families d'origine ainsi que sur les effets des variables familiales sur les individus. Des exemples en sont donnés. Cet article étudie les conséquences à en titrer pour le recueil des données d'environnement et pour les analyses qui les utilisent. On se demande enfin comment une étude longitudinale de cohorte peut l'être réellement quand l'accent est mis sur l'individu et qu'on oublie le contexte du temps des institutions à l'intérieur desquelles les individus de la cohorte vivent et avec lequelles ils négocient leur propre déroulement de vie.