Abstract
Dans cet article, l'auteur traite surtout de l'Église Unie du Canada. Celle-ci a été fondée en 1925 par la fusion des méthodis tes, des congrégationnalistes et des presbytériens. Cette fusion représente certainement l'expression d'une idéologie nationaliste canadienne. Au Québec, cette Église est la seconde en importance démographique dans le protestantisme et est majoritairement anglophone. La structure organisationnelle est conciliaire plutôt que hierarchique et une large autonomie des membres est donc assurée. Ceci explique le clivage entre les élites de l'Église qui, depuis quelques années, ont formulé des instructions plus ouver tes vis-à-vis du nationalisme franco-québécois, à partir d'une réflexion théologique sur la «nation», les «pauvres», la «libera tion». La majorité des membres cependant continue à s'identifier plutôt avec la communauté anglophone en général et aux valeurs morales "canadiennes" et "internationalistes" qui ont présidé à la fondation de l'Église plutôt qu 'aux nouvelles représentations élitistes du droit à l'auto-détermination nationale.
