Cet article examine les affirmations d'Ernest Gellner dans "Pendulum Swing Theory of Islam" (son article, et son livre inti tulé Saints of the Atlas). L'auteur y perçoit un nombre suffisant d'affirmations non-fondées pour justifier le rejet de cette théorie. Il s'agit d'affirmations concernant les caractéristiques principales de l'orientation premiere (abstraite et légale) dans l'Islam, de la seconde orientation (rituelle et mystique), des première et seconde orientations dans le christianisme, et de leurs origines dans les dynamiques socioculturelles inhérentes à la dichotomie ville- campagne. Par l'apport d'observations historiques communé ment acceptées, le paradigme de Gellner est reformulé, résultant d'une caractérisation différente de ces développements religieux, d'un rejet de l'importance étiologique attribuée à la dichotomie ville-campagne et d'une théorie alternative de leur développe ment. La perspective présentée et défendue par l'Auteur est qu'il y a trois orientations religieuses élémentaires inhérentes à la condi tion humaine, et en correspondance, trois types idéal-typiques d'élites religieuses. À l'origine de ces deux religions, ces types furent clairement établis, découragés ou écartés, par les écritures et par le leadership de concordance des fondateurs. Ainsi établies, les élites religieuses élaborèrent des institutions essentielles à leur type d'élite religieuse, et les orientations des deux traditions reli gieuses furent fortement influencées par leurs définitions premiè res de l'élite religieuse. De plus, quand l'argument de Gellner et celui présenté ici sont appliqués aux développements courants du monde musulman, le dernier révèle un meilleur ajustement entre théorie et observation.