Abstract
Le présent article vise à donner une réponse partielle et provi soire à la question: la conception communautaire des institutions ecclésiastiques touchant le mariage est-elle entrée dans les mœurs? Écartant l'hypothèse de l'inexistence d'un rapport religion-famille ou celle de l'éclipse de cette relation dans la société contempo raine, les auteurs défendent ridée d'un rapport ambigu. Ils s'appuyent pour leur démonstration d'une part sur un abondant matériau récolté auprès d'une cohorte de jeunes mariés en 1974- 1975 et portant sur les normes d'extension, de production et de répartition caractérisant leur échange conjugal, et, d'autre part, sur l'analyse des normes de cet échange telles qu'elles apparaissent dans les liturgies de mariage. Le corpus de ces dernières comprend les liturgies de la francophonie protestante et celle émanant du catholicisme romand avant et après Vatican II. La confrontation de ces deux ensembles de données tend à montrer que les modali tés de l'échange conjugal sont l'objet d'une négociation entre les acteurs concernés, négociation qui ne les amène pas à s'identifier au paradigme communautaire ou sociétaire, mais à créer les con ditions fragiles d'un échange communautaire dans un cadre socié taire.
