Abstract

Le changement climatique est un phénomène global, il affecte toutes les aires géographiques de la planète, toutes les nations, les cultures et les religions… Mais la réponse des peuples, des nations et des religions n’est ni homogène ni similaire ; elle dépend de multiples facteurs.
Face au besoin d’avancer dans une transition vers des énergies plus efficaces et propres – un des facteurs ayant le plus d’impact sur la réduction des gaz à effet de serre (GES) – la politique nationale et internationale est devenue plus tendue ces derniers temps 1 .
Malgré l’échec des accords qui devaient remplacer le protocole de Kyoto de 1997, les négociations internationales avancent lentement (Rajamani, 2015); en décembre 2015, à Paris, elles devront culminer lors de la COP 21 (21e Conférence des parties) avec un nouvel accord global concernant le changement climatique.
Sur le long terme, il est fort probable que la transition vers une économie globale post-pétrolière soit inévitable et tôt ou tard, indépendamment des alternatives politiques et des modèles de développement mis en place, nous avancerons vers des modes de production et de consommation basés sur des énergies renouvelables et des technologies vertes (Hass et al., 2008).
Face à la crise financière mondiale, au changement climatique et à la transition énergétique, la réaction des églises ne s’est pas fait attendre. Plusieurs églises et dénominations chrétiennes aux États-Unis ont appuyé les mesures prises par le gouvernement Obama à travers la EPA (Environmental Protection Agency) en juin 2014 ; ces mesures devraient permettre d’atteindre d’ici 2030 une réduction de 30% des niveaux d’émissions des centrales énergétiques par rapport à 2005. Ces mesures environnementales figurent parmi les plus importantes prises ces dernières années. Ainsi, en septembre 2014, les Jésuites organisaient un colloque à Paris intitulé « Une transition énergétique plus juste: un défi pour l’Europe ». De même, le Pape François vient de publier le 18 juin une encyclique sur l’écologie ayant un grand impact.
Bien que la formulation de perspectives écologiques ait augmenté dernièrement au sein des champs théologiques et éthiques, que l’inquiétude sur le sort de la planète grandisse dans les différentes religions et que la spiritualité de la création motive la protection de l’environnement (Parker, 2010), le changement climatique et la transition énergétique ne paraissent pas être les principales préoccupations des grandes religions du monde 2 .
L’alliance de la religion et de l’écologie ainsi que l’émergence d’une nouvelle éthique globale concernant la planète ont été analysées. C’est spécialement le cas au niveau des églises, de l’éthique, des mouvements théologiques et écologiques. Les approches sociologiques explorant la relation entre la conscience religieuse des fidèles et l’environnement ont une longue histoire mais ne se sont pas focalisées sur le changement climatique et la transition énergétique.
Tant les sciences sociales qui abordent la religion, d’une part, que les sciences sociales traitant des transitions technologiques et énergétiques, d’autre part, se sont mutuellement ignorées.
Nous espérons avec ce numéro créer une aire de travail dans laquelle les deux types de sciences sociales et les approches qui leur sont propres puissent se recouper et générer une stimulation mutuelle. Ceci afin de permette une meilleure compréhension de l’interdépendance entre les facteurs religieux et les processus sociaux du changement vers des modes de production et de consommation énergétique plus durables.
Cette aire d’intersection englobe une grande quantité d’éléments et de processus, mais sa complexité ne doit pas nous faire oublier qu’une science sociale compréhensive et interprétative cherche à comprendre ce qui se passe réellement dans la dynamique des processus transitionnels.
Depuis les années 80, la préoccupation de la communauté intellectuelle concernant la relation entre religion et écologie s’est principalement développée à partir de la théologie, de l’éthique et des sciences des religions 3 .
S’il est vrai que la sociologie a été moins présente, il faut cependant noter qu’il y a maintenant près de deux décennies, notre revue Social Compass publiait un numéro sur la collaboration potentielle entre la religion et le mouvement environnementaliste; un numéro dirigé par Jean-Guy Vaillancourt et Madeleine Cousineau (1997).
Depuis lors, le thème du changement climatique et de la transition énergétique est devenu de plus en plus pertinent. Néanmoins, les études sur la religion et la transition énergétique sont rares et nous pouvons encore affirmer que le défi théorique posé il y a de cela près d’un demi siècle par Lynn White (1967) reste d’actualité. Comme cela a été de nombreuses fois rappelé, cette auteure affirme qu’il y a dans les sources du judéo-christianisme des éléments qui favoriseraient les pratiques de destruction de la nature caractéristiques de la société occidentale. Une thèse qui jusqu’à aujourd’hui n’a pas encore pu être vérifiée, sans pour autant être réfutée par des preuves concluantes.
Bien qu’elle conçoive différentes alternatives, l’approche se focalisant sur la transition énergétique nous intéresse tout particulièrement. Au lieu de souligner les grandes approches normatives et conceptuelles abordant la durabilité souhaitée, elle cherche à comprendre comment les modèles actuels non durables sont en train de se transformer.
Le mouvement transitionnel peut alors être vu comme une forme pragmatique de progrès des politiques vertes dans la réduction maximale de la non-durabilité locale et dans le développement de la résilience des populations plutôt que dans le développement de grandes politiques et idéologies axées sur la durabilité globale (Barry, 2012).
Afin d’apporter un nouveau regard sur ces lieux d’intersection entre sociologie de la religion et sociologie des transitions, nous avons sélectionné dans ce numéro quatre cas particulièrement représentatifs de la diversité des éléments et des processus relatifs à la thématique générale : la préoccupation des religions pour les questions concernant le changement climatique et la transition énergétique.
Les sociétés contemporaines grandissent économiquement et démographiquement, et les processus d’urbanisation ont un impact environnemental croissant. L’urbanisation augmente le niveau de vie et change les modes de consommation. Corrélativement, elle implique une consommation énergétique plus grande (Droege, 2008). Une consommation d’énergie industrielle, résidentielle et de transport plus élevée, qui provient principalement de sources non renouvelables, vient alors accélérer le problème de l’épuisement des ressources, de la pollution et du changement climatique.
Les études que nous présentons ici abordent les problèmes environnementaux et énergétiques en lien direct ou indirect avec la transition énergétique dans les environnements urbains. Elles envisagent la réponse à ces problèmes à partir des croyances et des pratiques religieuses. La transition énergétique urbaine a deux dynamiques interdépendantes – la transition technologique et le changement des modes de vie – et toutes deux reçoivent une attention particulière de la part des communautés religieuses ou des fidèles à travers leurs croyances et leurs pratiques rituelles.
À travers l’analyse de la transition technologique, le travail de Jens Köhrsen explore le rôle des religions dans le processus de transition énergétique local. Cet article analyse un cas d’interaction entre transition et religions dans la ville de Emden, dans le Nord-Ouest de l’Allemagne, un pays développé qui est à la tête des processus de transition énergétique. L’auteur élabore un cadre théorique afin de décrire le rôle des religions dans les processus locaux de transition énergétique. Il met en évidence les fonctions de diffusion et d’intermédiation que les religions peuvent exercer dans le domaine publique, la participation active des organisations religieuses dans des projets concrets de changement vers la durabilité et finalement, l’influence du religieux dans le renforcement des valeurs encourageant des attitudes et des pratiques pro-environnementales. De cette manière, le travail de Jens Köhrsen permet d’analyser la pertinence de l’impact qu’ont les religions dans les locaux de transition durable.
Centré sur l’étude d’un mouvement bouddhiste très influent à Taïwan, le travail de Chengpang Lee et Ling Han nous décrit comment des organisations religieuses orientales, confrontées également aux effets du changement climatique – qui se manifestent sous la forme de désastres naturels, principalement des typhons – commencent à orienter leurs discours et leurs pratiques pour faire face à ce défi à partir d’une nouvelle lecture de leurs propres traditions. De cette manière, les pratiques actuelles comme le recyclage sont organisées pour résoudre la crise en cultivant la discipline du moi intérieur. En allant plus loin que le simple protectionnisme environnemental, le mouvement Tzu-Chi se focalise sur les modes de vie. Il récupère des rituels, retournant à la source du Confucianisme chinois traditionnel, et se développe à partir de principes éthiques liés à une discipline de vie. Il s’agit de phénomènes qui n’ont été abordés ni par la sociologie de la religion ni par les études sur les mouvements environnementalistes.
Les attitudes et les pratiques développées face au changement climatique qui remplissent un rôle pratique positif vers la décroissance énergétique ne paraissent pas dériver seulement des valeurs et de la capacité de persuasion des religions. Sur la base de sondages et d’études quantitatives réalisées entre 2006 et 2011 en Australie, le travail de Rosemary J Leonard et Miriam D Pepper montre comment d’autres facteurs comme le capital social et le leadership religieux ont un rôle important pour favoriser les changements positifs dans les attitudes et les actions relatives à la durabilité.
L’analyse comparative entre chrétiens pratiquants et la population australienne en général indique que les chrétiens pratiquants sont de manière similaire, ou légèrement plus élevée, pro-environnement que la population australienne. Si la norme chrétienne de responsabilité envers l’environnement a été un fort déterminant de l’action, le capital social a été un déterminant plus important, principalement en ce qui concerne les actions civiques favorables à l’environnement. Tout paraît indiquer que les religions ne peuvent s’analyser globalement : leur fonction dans la motivation pour engager la transition et faire face au changement climatique ne dépend exclusivement ni de leur capacité de persuasion (qui est assez réduite), ni de leur doctrine normative (assez forte chez les pratiquants), ni de leur capacité de leadership, ni de leur interaction avec d’autres facteurs comme le capital social. Dans chaque cas, il faut analyser ces divers facteurs.
Enfin, dans un pays sud-américain soumis à un rapide processus de développement, le Chili, Cristián Parker analyse comment les étudiants universitaires – couche émergente d’une société qui se modernise – assument la tâche de la transition vers des modes de consommation énergétique plus durables dans des contextes urbains. Sur la base d’une considération critique concernant les définitions d’adhésion religieuse et de religiosité, le texte étudie l’influence de ces variables sur les représentations sociales des étudiants relatives aux modes de consommation en énergies durables. L’étude se focalise sur la relation entre religion déclarée et différents aspects de la transition énergétique : efficacité énergétique, introduction d’énergies renouvelables, modèles durables de consommation d’énergie et transition vers des styles de vie durables. Basée sur des sondages et une analyse typologique, la recherche conclut que la religion joue un rôle multiple et diversifié, mais que son influence reste faible. Étant donné que dans certains cas le religieux est un facteur favorable à la transition et que dans d’autres il est un facteur défavorable, il est impossible d’arriver à une conclusion définitive. Il est dès lors nécessaire d’approfondir la manière dont le religieux influence les interprétations concernant un changement de style de vie vers des formes d’énergies durables.
Bien que limitées dans leur champ et leur portée, les études de ce numéro sont représentatives de réalités diverses. Elles montrent comment, dans différents contextes géo-culturels, les religions ne produisent pas de représentation unique face au changement climatique et à la transition énergétique. Comme mentionné dans la littérature sur le sujet (Dekker et al., 1997) le christianisme ne paraît pas produire une attitude systématique allant contre l’environnement et la transition énergétique. Différentes dénominations et différentes formes de pratiques religieuses adoptent des positions contraires et en général, les religions ne constituent pas le principal promoteur du changement vers la durabilité. Par exemple, selon le mouvement étudié à Taïwan, le bouddhisme manifeste une tendance favorable, mais ne paraît pas être le seul facteur pro-environnement.
Le contexte religieux et culturel dans lequel se donnent à voir différentes positions envers le changement climatique et la transition énergétique peut être important, au delà des abondantes études sur ces thèmes en Amérique du Nord et en Europe. Ainsi, dans ce numéro, nous avons regroupé quatre études réalisées dans des contextes radicalement différents. Le cas allemand offre un exemple singulier de transition énergétique opérée au sein de pays européens développés, dans un contexte de sécularisation et de pluralité religieuse mais principalement protestant dans la région étudiée. Dans le contexte australien, cette transition se déroule sur base de la confluence de cultures anglo-saxonnes et asiatiques, avec un champ religieux pluriel (anglicans, protestants, catholiques, etc.) mais de racines chrétiennes. Et à l’inverse de la situation religieuse et culturelle de l’Allemagne de culture nord-germanique, nous trouvons le cas chilien, de culture du Sud, latin et américain, de racines catholiques, mais actuellement caractérisé par un champ religieux pluriel. Enfin, hors des aires chrétiennes, le cas taïwanais où le mouvement bouddhiste analysé est un cas parmi beaucoup d’autres représentant un modèle de religions orientales confrontées au changement et à la transition énergétique.
Il aurait certainement été intéressant de pouvoir présenter des cas plus diversifiés, comme ceux des pays sous-développés d’Afrique ou d’Asie ou du monde islamique, mais nous avons du nous plier aux exigences d’espace et de temps des numéros qu’offre notre revue.
Les théories de la transition énergétique s’inscrivent dans les approches de la modernisation écologique qui affirment avec optimisme que le changement est possible à travers la transformation des préoccupations sur l’environnement et l’introduction de nouvelles pratiques au niveau institutionnel, économique, technologique et socioculturel. Mais la conscience environnementale n’est pas suffisante et il faut, conjointement aux changements culturels, un changement structurel.
Il est nécessaire de prendre en considération le fait que dans le monde globalisé actuel la tendance à l’échange écologique inégal (Jorgenson et al., 2014) ne laisse pas de marge de manœuvre pour que la simple transition technologique puisse solutionner le problème. Étant donné que la tendance expansive des pouvoirs économiques et militaires opère une pression croissante sur les ressources naturelles et l’environnement, une vraie transition suppose un changement dans les modes de production sociale. Il faudrait alors regarder les positions des différentes religions concernant cette nécessité de changement en lien avec le dépassement d’une société de consommation basée sur un équilibre d’hégémonies géopolitiques.
Les religions sont des phénomènes sociaux et de par leur dynamisme sociohistorique, elles sont en constant changement. L’influence des différentes religions sur la crise engendrée par le réchauffement global et le besoin d’avancer vers la transition énergétique dans les pays développés du Nord comme dans les pays sous-développés du Sud, dans les pays occidentaux, tout comme dans les nations non-occidentales, sont des problématiques qui ne sont pas encore résolues. Néanmoins, il est clair que dans l’actuel processus de globalisation et de crise environnementale planétaire, nous ne pouvons plus effectuer une analyse depuis une optique qui privilégie la perspective occidentale et chrétienne. Il faudra chercher à approfondir la compréhension de la façon dont les religions non chrétiennes et les traditions locales entrent en interaction avec les thématiques environnementales et le changement vers des technologies propres et une société durable.
La simple manifestation d’une « préoccupation » envers ces questions environnementales de la part des croyants ou des non-croyants n’est pas une garantie qu’il y aura des changements dans les attitudes, dans les pratiques sociales ou dans les styles de vie. La façon dont les croyances et les pratiques religieuses des fidèles interagiront dans le futur avec les changements socio-technologiques requis pour faire face au changement climatique et avancer vers des énergies plus efficaces et propres n’est pas encore claire. Les travaux que nous présentons dans ce numéro permettent de comprendre quelques unes des questions complexes qui sont en jeu, mais ils soulèvent également de nouvelles interrogations afin que de futures études cherchent à y répondre.
Climate change is a global phenomenon affecting all geographical areas, nations, cultures and religions. But the response of populations, nations and religions is far from homogeneous, as a result of multiple factors.
In the face of the need to accelerate the transition toward cleaner and more efficient energy sources – one of the two factors with the broadest incidence on the production of greenhouse gases – national and international political actors have recently begun playing a more central role. 4
Despite the failure of agreements to substitute or prolong the 1997 Kyoto protocol, international negotiations are progressing, if slowly, (Rajamani, 2015) and should culminate in a new global climate change agreement at COP21 (21st Conference of the Parties) in December 2015 in Paris.
In the long term, there is a high probability that the transition to a global post-petroleum economy will prove inevitable, and sooner or later, and that whatever policy and model development alternatives are tested, progress will take place toward production and consumption methods based on renewable energy sources and green technologies (Hass et al., 2008).
The world’s Churches have not been slow to react to the environmental crisis, climate change and the need for energy transition. In June 2014, the Obama administration’s measures, through the EPA (Environmental Protection Agency), which were intended to drastically reduce power plant emissions by 30% from 2005 levels by the year 2030 and represented one of the most significant environmental proposals of recent times, received the public support of many Churches and Christian denominations in the USA, while in September 2014 the Jesuits organized a colloquium in Paris on ‘A fairer energy transition: a challenge for Europe’. And just recently, on 18 June, Pope Francis issued the encyclical Laudato Si’ on ecology, which has had a considerable impact.
Despite the facts that ecological perspectives in theology and ethics have increased in recent years, that concerns about the fate of the planet are increasing among all religions and that the spirituality of creation is motivating environmental protection initiatives (Parker, 2010), the world’s religions do not seem to have climate change and energy transition among their main concerns. 5
The prospects for an alliance of religion and ecology along with a new global ethics on the planet have been studied. In particular, there have been studies on Churches, ethics, theological movements and ecology. Sociological approaches exploring the relationship between religious conscience and environmental issues have a long history, but a particular focus on climate change and energy transitions has so far been lacking. The social sciences dealing with religion on the one hand, and those dealing with technological and energy transitions on the other, have so far ignored one another.
In this issue we hope to stimulate work in an area where the two scientific fields and approaches intersect, thus generating a mutual fertilization that will foster a better understanding of the interrelationships between religious factors and the social change processes that will enable the development of more sustainable forms of energy production and consumption. This intervention involves numerous elements and processes, but their very complexity should serve to remind us that a comprehensive and interpretative social science seeks intelligibility in the actual dynamics of transitional processes.
The intellectual community’s interest in the relationship between religion and ecology has had a privileged place in theology, ethics and religious studies since the 1980s 6 . Sociology has had less presence. It should be mentioned, however, that Social Compass published an issue, directed by Jean-Guy Vaillancourt and Madeleine Cousineau (1997), almost two decades ago on the potential collaboration between religion and the environmental movement.
Since that date the issue of climate change and energy transition has taken on increasing importance. However, systematic studies on religion and energy transition are rare, and it should be noted that Lynn White’s theoretical challenge (1967), made half a century ago, retains its validity and relevance for the debate. That author made the now famous claim that the sources of Judeo-Christianity contain elements favouring practices that have led to the destruction of nature characteristic of Western society. This thesis has yet to be conclusively verified or refuted.
While conceiving various alternatives, the ‘energy transition’ approach remains interesting in suggesting how current unsustainable forms should be transformed rather than proposing wide-ranging normative and conceptual changes in the approach to the desired sustainability. This ‘transition movement’ may therefore be seen as pragmatically advancing green policies for maximally reducing local unsustainability and developing the resilience of local populations rather than developing far-reaching policies and ideologies aimed at global sustainability (Barry, 2012).
For that reason, and in order to shed new light on these intersecting areas between the sociology of religion and the sociology of transitions, in this special issue we have chosen four cases that represent the variety of elements and processes involved in the general theme: religious environmental concern in matters of climate change and energy transition.
As contemporary societies grow economically and demographically, urbanization processes have an ever increasing environmental impact. Urbanization raises living standards and changes consumption patterns, while at the same time demanding greater energy use (Droege, 2008) – in particular increased use of industrial, residential and transport-related energy – derived mainly from non-renewable sources, resulting in further acceleration of the problems of depletion, pollution and climate change.
The studies we present tackle environmental and energy problems that are directly or indirectly related to energy transition in urban settings and the responses of those upholding religious beliefs and practising a religion.
Urban energy transitions have two interrelated dynamics and both get attention from the religious communities, or from the faithful, in terms of their ritual beliefs and practices: technological transitions and lifestyle changes. With regard to technological transition, the role of religions in local energy transition processes is explored in the article by Jens Köhrsen, which discusses that process in relation to religion in the city of Emden, in north-western Germany – a developed country at the cutting edge of energy transition processes. The author sets up a theoretical framework to describe the role of religions in local energy transition processes, highlighting their information dissemination role and the other intermediary functions religions may exercise in the public domain, as well as the active participation of religious organizations in concrete projects for change towards sustainability, and, finally, their functions in reinforcing values that support pro-environmental attitudes and practices. In this way, the article enriches our understanding of the relevance of religions on local transitional processes aimed at sustainability.
The work of Chengpang Lee and Ling Han is centred on a study of a Buddhist movement with far-reaching influence in Taiwan, and describes how oriental religious organizations, also faced with the impacts of climate change – which is manifested in natural disasters, especially typhoons – have begun to reorient their discourses and practices to face this challenge in reinterpreting their own traditions. In this way current practices, such as recycling, are organized to solve this crisis in cultivating discipline of the inner self. Going beyond simple environmental protectionism, the Tzu-Chi movement is focused on recovering rituals and returning to the source of traditional Chinese Confucianism, drawing on the ethical principles of a disciplined lifestyle – all phenomena that have not been approached by either the sociology of religion or studies of environmental movements.
The attitudes and practices that have developed in the face of climate change and that have made a pragmatic and positive contribution towards the reduction in energy consumption seem not to have derived solely from the values espoused by religions, nor from their powers of persuasion. Based on quantitative surveys and studies carried out between 2006 and 2011 in Australia, the article by Rosemary J Leonard and Miriam D Pepper shows how other factors, like social capital and religious leadership, play an important role in fostering positive changes in attitudes and actions aimed at sustainability. This comparative analysis between churchgoers and the general Australian population indicates that churchgoers are slightly more pro-environment than the Australian population taken as a whole. But social capital is a stronger predictor of action, particularly of civic actions favourable to the environment. The norm of Christian responsibility for the environment is also shown to be a strong predictor of action. All this seems to indicate that religions cannot be analysed globally: their favourable stance vis-à-vis energy transition and climate change does not depend exclusively on their persuasive ability (which is weak) or on their doctrinal standards (which are strong among churchgoers) or on their leadership ability or on their function with regard to other factors, such as social capital. In each case these various factors must be analysed individually and in the context of their interactions.
Finally, in a South American country experiencing rapid development processes, namely Chile, the work of Cristián Parker analyses how college students – an emergent layer of a society that is undergoing modernization – assume responsibility for the transition towards more sustainable energy consumption patterns in urban contexts. Based on a critical consideration of the definitions of religious adherence and religiosity, Parker’s analysis shows how these variables affect the social representations of the students’ sustainable energy consumption patterns. The study looks closely at the relationship between declared religion and various aspects of energy transition: energy efficiency, the introduction of renewable energy, sustainable energy consumption patterns, and transition to sustainable lifestyles. Based on empirical surveys and a typological approach, the study concludes that religion has a multiple and diversified role, but the tendencies are weak since in some cases religion supports transition and in others it is unfavourable to it. No definitive conclusion can therefore be reached. What does seem to emerge is that we shall have to delve more deeply into how religious beliefs and practices affect attitudes in order to understand how lifestyles can change and adaptation to sustainable energy forms take place.
The studies in this issue, although limited in terms of their range and scope, are representative of diverse realities and illustrative of how, in different geo-cultural contexts, religions do not generate monolithic social representations in the face of climate change and energy transition. As has also been seen in the literature on this topic (Dekker et al., 1997), Christianity does not seem to generate a systematically negative attitude towards the environment and energy transition, although various denominations and varying forms of religious practice find themselves embracing opposed positions and in general the change to sustainability does not have the religions among its main promoters. Buddhism, on the other hand, according to the movement studied in Taiwan, has manifestations that appear to be clearly favourable, but does not seem to be the only pro-environmentalist factor in that context.
The religious and cultural background to attitudes towards climate change and energy transition may be significant – a factor disguised by the abundant studies of these matters conducted in North America and Europe. That is why we have grouped four studies from radically different contexts together in this issue: energy transition in Germany, a developed country in Europe where there is a quite secularized and plural religious field, but one based on a predominantly Protestant background; the Australian context, a confluence of Anglo-Saxon and Asian cultures, its pluralistic Christian matrix (Anglicans, Protestants, Catholics, etc.) notwithstanding; the Chilean case of Latin American culture, the religious-cultural reverse of the German Nordic culture, with historical Catholic roots but presently embodying a pluralist religious field; and finally, a case from outside the Christian areas, that of Taiwan, where the Buddhist movement analysed is one of many that presents Oriental religious matrices confronting climate change and the energy transition.
It would certainly have been interesting to have had more diverse cases from underdeveloped countries in Africa or Asia or from the Islamic world, but we are obviously limited by space and time restrictions.
Energy transition theories may be said to belong to the realm of approaches to ecological modernization, which optimistically claims that change is possible in transforming environmental concerns into action and introducing new practices at institutional, economic, technological and sociocultural levels. But environmental awareness is not enough. A structural change must accompany the cultural changes.
With its built-in tendencies towards an ecologically unequal exchange system (Jorgenson et al., 2014), it would seem that today’s globalization rules out the possibility of a simple problem-solving technological transition. The expansive tendencies of that system’s economic and military powers exert an ever-increasing demand on natural resources and impact on the environment; a true transition involves a change in social modes of production. We must scrutinize the respective positions of the different religions as to this need for change linked to overcoming the consumer society, replacing it with one based on a balance of geo-political hegemonies.
Religions are social phenomena and, due to their socio-historical dynamisms, are in permanent change. The possible influences of the various religions facing the crisis generated by global warming, and the need to advance towards an energy transition in the developed countries in the North, as well as in the underdeveloped countries in the South, in non-Western countries as well as in Western countries, has yet to be determined. What is clear is that in the present globalization process and the planetary environmental crisis it has engendered, we can no longer analyse matters from a viewpoint favouring a monolithic Western and Christian approach: we will have to delve deeper into how the non-Christian religions, and in particular traditional societies, interact in dealing with the environment, driving moves towards a sustainable society with cleaner energy technologies.
Simply expressing an environmental ‘concern’ in these areas, whether it is believers or nonbelievers that do so, in no way guarantees that the necessary changes in attitudes, social practices, rituals or lifestyles will take place. The ways in which religious beliefs and practices will interact with the socio-technological changes required to deal with climate change and advance towards cleaner and more efficient energy is somewhat unclear. The articles in this issue should lead to a greater understanding of the complex questions needing to be addressed, as well as laying down a foundation for new substantive inquiries so that future research may attempt to answer them.
Footnotes
Financement
Le fond National pour la Science et la Technologie du Chili a permis à l’auteur de coordonner ce numéro spécial.
Funding
The author was able to coordinate this special issue thanks to the National Fund for Science and Technology of Chile.
Notes
Biographie de l’auteur
Adresse : Instituto de Estudios Avanzados, Román Díaz 89 – Providencia, Santiago de Chile, 7500618, Universidad de Santiago de Chile, Chile
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Author biography
Cristián PARKER G has a PhD in sociology (UCL). He is a researcher at the Institute of Advanced Studies and a Professor in the Americas Studies PhD Program. He is also Director of the Master’s course in Social Sciences at the University of Santiago de Chile. He has published numerous papers and books on the sociology of religion in Latin America, sustainable development and environmental governance.
Address: Instituto de Estudios Avanzados, Román Díaz 89 – Providencia, Santiago de Chile, 7500618, Universidad de Santiago de Chile, Chile
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References
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