Abstract
Atheism is not a fundamental notion. This negative concept is relative to the object of its negation, which pre-exists: the gods, God, or rather our ideas of him. In monotheistic regimes, such as in the West, atheism is radical and often aggressive. Since its first contacts with the West, Vietnam has experienced both extremes of this situation, through Christianity and communism. In a polytheistic regime, as in traditional Vietnam, atheism is less exclusive, more tolerant and more nuanced. Appealing to certain gods implies ignorance of, indifference to or the rejection of others; it often betrays a desire to use gods as a means to serve man, who thus believes himself to be the last link in the chain. As monotheism rejects the power of the divinity of nature and of humans, its negation can inversely result in subjecting man to nature and society to the State.
L’athéisme n’est pas une donnée première. Ce concept négatif est relatif à ce qu’il nie et qui est posé en premier lieu: les dieux, Dieu ou plutôt les idées que l’on s’en fait. Dans un régime monothéiste, comme en Occident, l’athéisme est radical et souvent combatif. Depuis les premiers contacts avec l’Occident, le Vietnam est confronté, au travers du christianisme et du communisme, aux deux pôles de cette situation. Dans un régime polythéiste, comme dans le Vietnam traditionnel, il est moins exclusif, plus tolérant et peut présenter plusieurs nuances. Invoquer l’un ou l’autre dieu engendre l’ignorance, l’indifférence ou, parfois, le rejet des autres. Ce recours trahit souvent la volonté d’utiliser les dieux comme moyens au service de l’homme, qui se conçoit ainsi comme le dernier maillon de la chaine. Si le monothéisme refuse le pouvoir de la divinité de la nature et des humains, sa négation peut finir inversement par soumettre l’homme à la nature et la société, à l’État.
