Abstract
Sous le régime autoritaire de la République islamique d'Iran, l'autorité religieuse s'y étant instaurée en théocratie, les critiques sérieuses se font rares. 'Abd al-Karīm Suroush fait exception; il est un des critiques actuels les plus controversés, remettant en cause certains principes religieux sur lesquels se fonde le régime iranien. Depuis quelques années, les magazines iraniens Kayhān-i farhangī, puis Kiyān, porte-parole de la nouvelle critique, publient régulièrement des articles de Suroush. La critique n'a pas tardé à venir, et un ensemble de mesures ont été prises pour contrecarrer ces critiques mal vues par un régime au sein duquel il fut, lui-même, haut fonctionnaire. Celui-ci propose une désacralisation de la connaissance religieuse et de la jurisprudence islamique. Il propose aussi une plus grande autonomie de la sphère religieuse par rapport à l'emprise actuelle qu'elle a sur la sphère politique, tout en ne remettant pas en cause la nécessité du fondement islamique de la société et de ses institutions politiques. Il s'agira donc d'essayer de voir quelle est la place que Suroush veut réserver à l'islam et à la connaissance religieuse dans une république islamique adaptée au monde moderne. Bref, il s'agira de voir comment les positions de Suroush remettent en question le pouvoir absolu d'interprétation de l'institution religieuse dirigeante.
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